Textos Originales

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Minh Tran Huy,
La Douhle Víe d’Anna Song

D’aprés Inde, avril 2011

Texte

L’action se situé en France. Le narrateur, Paul Desroches, est un enfant
de huit ans, orphelin depuis peu. Mme Thi, l’amie de la grand-mère de
Paul, est d’origine vietnamienne.
      À Tapproche de la rentrée scolaire, ma grand-mère, qui m’estimait
suffisamment perturbé par la mort de mes parents, a voulu faciliter mon
intégration dans une nouvelle école et une nouvelle classe en me présentant
la petite-fille de Mme T h i ; celle-ci avait mon age et pourrait me
guider au sein de l’établissement, qu’elle fréquentait depuis deux ans.
Ma grand-mère espérait qu’en me liant des à présent avec cette future
camarade, je n’aurais pas à affronter l’isolement que tout dernier venu
connaît lorsque les groupes et les amitiés se sont déjà formes. Elle m’a
ainsi proposé, un bel après-midi du mois d’août, d’aller rendre visite
à Mme Thi et à sa petite-fille tout juste revenues de vacances, avec au
bras un panier garni de confitures et de cerises du jardin. « Tu verras,
elle est très gentille, et très bien élevée. Je suis sûre que tu n’auras
aucun mal à t’entendre avec elle : vous avez le même genre de caractère,
réservé sans être timide. »
     C’est avec un enthousiasme modéré que j ‘ a i donné la main à ma
grand-mère en vue de la promenade qui devait nous mener jusqu’à la
maison de son amie, située à quelques rues de la. Je m’étais habitué à la
routine de mon existence, à mes nuits intranquilles, au souvenir de mes
parents m’enveloppant tout le jour comme un cocon tandis que j ‘ allais
de la fenêtre au jardin, et du jardin à la fenêtre. Le temps s’était arrêté
depuis leur disparition et je ne voyais que des inconvénients à sa remise
en marche. Mes fantômes me suffisaient; je n’avais pas envié de faire
de nouvelles rencontres.
     Le soleil étirait nos ombres sur le trottoir et je sentais avec une sorte
de bien-être passif mais néanmoins reconnaissant sa caresse sur ma
joue et mes cheveux. [...]
     Ma grand-mère tenait ma main dans la sienne et je ne savais pas que
les notes de piano qui flottaient dans l’air et me parvenaient avec de
plus en plus d’acuité tandis que nous avancions dans la rué, je ne savais
pas que la profonde mélancolie qui donnait à cette musique l’ineffable
douceur d’un chant, marquaient mon entrée dans un monde peuplé de
choses aussi irréelles et attirantes que des licornes au pelage doré. Un
monde oü les ombres qui vous accompagnaient jusque-là n’ont d’autre
choix que de disparaître pour céder leur place à de nouveaux mirages.
     Ma grand-mère s’est arrêtée devant la maison d’où provenait la
musique et m’a expliqué que la petite-fille de Mme Thi jouait depuis
qu’elle était toute petite. Elle était très douée, et avait ému tous les
parents lors de la fête de fin d’année, en juin dernier. [...] Et c’est ainsi
que j ‘ai commencé d’aimer Anna avant même de l’avoir vue.

Minh Tran Huy, La Double Vie d’Anna Song, © Actes Sud, 2009.

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