LA CHANSON FRANÇAISE (I)

LA CHANSON FRANÇAISE  (I)

Le Regard d’un Méridional.

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(Extrait de la conférence offerte, en petit comité, par Manuel de Français dans l’École de Langues de Valencia le 19 Janvier 2016). (Première Partie)

 

trenet_charlesPour mieux comprendre le phénomène de la chanson française moderne, il faut que je vous parle d’abord d’un certain Charles Trenet surnommé le fou chantant. Il est en grande tournée en Amérique. Il se produit sur la scène dans les grands cabarets New Yorkais, puis au Canada et en Amérique latine. En 1946, à la fin de l’année, il est sur l’aéroport de Rio de Janeiro. Il doit s’envoler pour New York. Soudain, il entend annoncer un vol pour Paris. Pris de la nostalgie, il s’embarque et c’est dans l’avion qu’il compose Revoir Paris.

Avec votre complicité on va donner un saut de géant en arrière jusqu’au moyen âge. Nous voilà au moyen âge ; c’est beau ici, n’est-ce pas ? C’est l’âge de la peste et de la religion absolutiste. Mais c’est aussi l’âge des troubadours et des jongleurs. La poésie était chantée et la chanson était poésie. La différence entre troubadour et jongleur c’est que le premier est un auteur compositeur, et le deuxième exécute les œuvres du troubadour. Mais un jongleur s’il possède du talent pour la création peut devenir aussi troubadour. Et un troubadour pourrait interpréter aussi ses propres œuvres. Les uns comme les autres sont les inspirateurs de l’amour courtois, de la fine d’amour. On chantait l’amour mais on chantait aussi les gestes guerrières des rois.

Le jongleur s’accompagnait de différents instruments :

-De vent : flûtes, cornes (mal vues par l’église, à cause de la transfiguration du visage du musicien…)

-D’archet : la vièle, la lyre.

Musique et poésie, poésie et chant allaient de la main. Et cette cohabitation a durée quelques siècles.

À la fin du XVème qui marque la fin du moyen  âge et le début de la renaissance, avec l’arrivée de François Villon, à la vie absolument bouleversée, et d’autres se développe ce qu’on dénomme la poésie savante ; la poésie se libère de la musique pour se concentrer dans la beauté des mots mais aussi la chanson se libère des structures rigides de la poésie lyrique. La poésie devient de l’haute culture et la chanson chose populaire. Mais cette dissociation de la poésie lyrique et la musique ne se produit pas soudain.

Encore une fois avec votre complicité on donne un saut en avance jusqu’à la fin du XVIIIème. Sous les arcades du Palais Royal à Paris s’ouvrent des cafés où s’engagent des chantants et des musiciens pour des courtes interventions. Ils constituent le germe de ce qu’on appellera les cafés-concerts. Mais un décret de Napoléon I de 1807 supprime toutes ces velléités et ferme aussi grand nombre de théâtres.

Mais dans la deuxième moitié du XIXème se produisent les circonstances favorables et des nombreux cafés-concerts  s’ouvrent par toute la France. Seulement à Paris on compte plus de mille de ces locaux. Le café concert est un établissement qui réunit un public qui paie en consommations le plaisir d’entendre des chansonnettes, des romances, même des morceaux d’opéra. On jouit d’une grande liberté ; on n’est pas attaché à un horaire concret comme au théâtre, on ne doit payer nulle entrée, on peut fumer, boire et applaudir des chanteurs qui s’engagent pour peu de temps sur la scène. Par contre les chanteurs doivent exagérer, gesticuler déclamer à haute voix pour attirer l’attention des paroissiens parmi le brouhaha des locaux.

Le nouveau siècle arrive et le nouveau spectacle qui devient populaire c’est le cinéma. Nombreux locaux ferment, d’autres s’adaptent au nouveau spectacle et deviennent des salles obscures. Après la grande guerre apparaît par influence américaine et anglaise le music-hall. Le music-hall  à différence des modèles français traditionnells : le café concert, le café chantant, le cabaret propose un modèle différent dont on ne paie pas en consommations ; le débit de boisson devient secondaire et on paie une entrée et il y a un programme et un ordre de représentations. On représente des opérettes. Il ya un grand nombre de chanteurs-acteurs sur scène, il y a des décors etcétéra. La reine indiscutable du music hall et des opérettes est La Mistinguett. Il n’y a pas de reine sans roi mais du roi en en parlera après.

La deuxième guerre éclate, et dans la France occupée, malgré tout, le spectacle continue. À la fin plusieurs artistes sont accusés d’avoir chanté, d’avoir interprété pour les allemands.

Mais nous voilà de retour ; nous avions laissé notre homme, Charles Trenet à Paris.

Il a apporté l’exemple, « le one man show » Le microphone existe aussi. Le premier à s’en servir sur scène est un certain Jean Sablon, aussi un chanteur français très réputé. Comme vous savez ce sont les américains qui ont libéré Paris et la France ; le music hall bien qu’adapté au français est un modèle américain. Le disque à 33 tours vient d’apparaître et la radio a déjà une grande diffusion.

Dans cette ambiance, néanmoins, naisse la chanson française moderne. Le terme chanson française désigne un genre musical à part entière dont l’adjonction de l’adjectif française exprime une réaffirmation de la francophonie comme opposition à l’ambiance anglo-saxonne  dominante. Elle boit dans les sources de la tradition littéraire française, plutôt de la poésie. Ses poètes de référence sont surtout : Verlaine, Rimbaud, Baudelaire et parfois Aragon, Louis Aragon. Cette nouvelle chanson on l’appelait aussi Chanson Rive Gauche.

Et maintenant c’est le moment de vous faire un petit dessin.

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Le plan de Paris et la rive gauche.

 

La chanson moderne naisse quand un individu, lui seul, vêtu de noir où non, avec une orchestre derrière ou seulement accompagné de sa guitare, est capable de réunir un public assis et attentif pour l’écouter.

Bien qu’une nouvelle chanson, elle est une conséquence du moment de sa naissance, mais doit son tribute aux antécédents ; c’est-à-dire, l’opérette et le music hall. À cette époque une chansonnette extraite d’une opérette pouvait devenir un tube.

 

Voyons les noms les plus importants de la chanson :

D’abord les antécédents.

(À suivre)

Manuel de Français

 

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