Mathilde et la Marquise

Mathilde et la Marquise.
(Récit du Troubadour)

 MATHILDE-web     La Marquise m’a reçu à nouveau. Dès le jour précédent, je préparais l’instrument. Qu’en pensez-vous ? Quel est l’instrument d’un troubadour ? Notamment la voix. Mais, vous savez, parfois, la chanson s’interprète du corps entier.

      La Marquise, capricieuse comme elle est, change de meublé pour ses entretiens avec moi, cette évocation me fait rougir, mais reste fidèle à l’agence de location. En fait, elle a déjà une solide réputation comme cliente distinguée.

      J’avais oublié les paroles de ma dernière chanson, écrites à la hâte dans le repos entre deux rapports, dont le détail, un chevalier n’a pas le droit de diffuser. Non plus un plébéien. Je suis revenu sur les lieux. Et c’est là que j’ai découvert Mathilde.    Je n’y suis pas entré. La porte était béante. Je n’ai pas pu m’empêcher de regarder.

      Mathilde est fille de chambre. Elle ne peut consacrer que trente minutes à chaque meublé. Mais parfois, cela arrive, le temps s’arrête. Par sa démarche, sa façon d’agir, sa curieuse chorégraphie, j’ai appris qu’elle était dévouée à la marquise. Elle reconnaissait les traces de sa présence récente. La Marquise, on l’a dit déjà est capricieuse ; elle signe ses séjours galants laissant un témoin ; toujours une bouteille de champagne vide, étiquette à fleurs.

     Mathilde l’a prise. Elle a versé les gouttes rémanentes dans un verre fin. Peu importe s’il se salit ; elle fera la vaisselle. Le verre à la main, elle entre dans la chambre à coucher.

     Là, le souvenir des corps demeure encore sculpté dans le creux du lit. Les draps encore tièdes. Elle passe sa main libre dessinant la silhouette qu’elle devine des corps qui se sont aimés pendant des heures. D’abord celui plus proche que je sais le mien ; je me sens frémir ; après l’autre que je sais de ma maîtresse. A-t-elle aussi deviné quel était lequel ? Oui, j’y crois. Elle flaire ; ses narines se dilatent.

      Après, se tournant, sa figure et son corps vêtu de sa blouse de travail se reflètent dans le miroir. Elle a encore le verre à la main. Avec celle qui est libre, elle commence à déboutonner son costume. Lentement ; un par un, les boutons se libèrent. La blouse s’ouvre. Apparaît une chair blanche, une culotte et un soutien-gorge roses à dentelles C’est une lingerie de marquise dans une tenue d’ouvrière. Elle se regarde dans le miroir, le lit défait derrière elle, le verre encore à la main et commence à se caresser doucement. Lorsque ses doigts glissent et atteignent une zone sensible, elle frémit à peine perceptible, comme le ronronnement d’une chatte.

     Mon dévouement à la Marquise, car je suis aussi un homme dévoué, m’empêche de continuer mon observation. Calmement, je reprends mon papier, griffonne un billet et livre un autre de banque : 50 euros. Pour Mathilde, dit mon billet. Pourvu qu’elle continue sa collection de lingerie.

      Le Troubadour

     Tel a été le récit que mon ami le Troubadour m’a remis, incluant la conformité pour sa publication.

     Manuel de Français

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