COMPLAINTE DE LA REINE MERCEDES (première partie)

COMPLAINTE DE LA REINE MERCEDES (première partie)

Une Reine

Maria de las Mercedes d’Orléans (Madrid le 24juin 1860 – Madrid le 26 juin 1878)

Fille d’Antoine d’Orléans, duc de Montpensier et de l’infante espagnole Louise Fernande de Bourbon. Petite fille de Louis-Philipe 1er, roi de France et Marie-Amélie de Bourbon, princesse des Deux-Siciles (par son père). Par sa mère, petite fille du roi Ferdinand VII d’Espagne et de la reine Marie Christine de Bourbon princesse des Deux-Siciles.

Passe la plupart de son enfance au palais de San Telmo en Séville, pendant le règne de sa tante Isabelle II. Après la révolution contre la  reine en 1868 curieusement financé par les Montpensier, doivent quitter l’Espagne et s’installer à Paris.

En 1872 elle rencontre pour la première fois son cousin Alphonse, futur roi d’Espagne. Les deux enfants tombent amoureux.

En décembre 1874 elle regagne l’Espagne grâce au coup d’état du général Arsenio Martínez Campos ce que permet la restauration de la monarchie. Mais cela a eu un cout pour la reine ; elle à du abdiquer en faveur de son fils Alphonse reconnu par les monarchistes constitutionnalistes comme Alphonse XII d’Espagne.

Maria de las Mercedes se réinstalle avec sa famille au palais de San Telmo en Séville. Le roi ayant 19 ans exprime sa volonté de marier sa cousine Mercedes âgée de 16 ans. Malgré des oppositions soient de sa famille, soient du gouvernement, le roi têtu comme il l’était et appuyé par le peuple espagnol qui a été captivé par sa future reine sévillane dont ses cheveux étaient aussi noirs que les nuits andalouses, réussit.

Finalement les noces ont lieu en 1878. Ils s’installent bien entendu à Madrid. Le bonheur ne dure que cinq mois. Deux jours après son dix-huitième anniversaire, le coup de foudre encore vivant, elle meurt à cause de maladie. Le typhus ou la tuberculose.  Inconsolable son royal époux l’accompagne jusqu’à sa dernière démarche.

La jeune reine est enterré d’abord dans une chapelle du monastère de l’Escorial car  la partie dite du Panthéon des rois était réservé aux reines ayant eu une descendance. Il y a des désirs, même les royales qui tardent plus d’un siècle à être accomplis. Ainsi en novembre 2000 les restes de la souveraine sont transportés dans la Cathédrale de l’Almudena de Madrid. Elle avait cédé des terrains pour sa construction ; le roi a manifesté ce désir pour la sentir plus proche.

Un roi

Alphonse XII d’Espagne est né a Madrid le 28 novembre 1857, fils de la Reine Isabelle II et soit du mari de la reine Francisco de Asis de Borbón, soit d’un capitaine d’ingénieurs, ami de sa mère dont on évite prononcer le nom. Surnommé Le Pacificateur, il est nommé Prince des Asturies dès sa naissance.

La Révolution de 1968 conduit toute la monarchie d’Espagne en exile. Ses parents s’installent séparément à Paris.  Grace à cet incident, il est le premier monarque espagnol qui s’éduque dans des collèges et centres militaires européens. Il connait le collège Stanislas de Paris, l’académie publique à  Genève, l’académie Thérésienne de Vienne et l’Académie militaire de Sandhurst en Grand Bretagne.

Dans l’exil il rencontre sa cousine Maria de las Mercedes. Comme on a dit, il reste inconsolable après sa morte, mais ses obligations dynastiques lui obligent à un nouveau mariage pour munir le pays d’un héritier. Un nouveau mariage avec Maria Cristina de Habsbourg-Lorena lui offrent trois princes héritiers. Fidel à la tradition monarchique ces tendres événements ne l’empêchent pas de poursuivre d’autres femelles. La contralto Elena Sanz apporte 2 fils illégitimes.

Le roi meurt à cause de tuberculose le 25 novembre de 1885.

 

La Trinité

Trois substances en une, trois personnes, piliers du majeur édifice de la création musicale des années quarante  en Espagne.

En effet la marque Quintero, León et Quiroga est responsable d’à peu près de cinq-mille chansons. Antonio Quintero dramaturge, écrivait les saynètes des spectacles. Il coordonnait  aussi la partie théâtrale des chansons en collaboration avec Rafael de León. Celui était le poète. De sa plume ont sorti les plus belles paroles de chanson populaire espagnole de l’époque. Finalement nous avons Manuel Lopez-Quiroga, dit Maître Quiroga, musicien géniale, auteur de la musique de toutes ces chansons.

Si vous, aimables lecteurs, me permettez,  soit par faiblesse, soit par amour de la littérature, on détachera le profil de Rafael de León. Quelques touches de pinceau sur sa biographie et son œuvre.

Rafael de León y Arias Saavedra naît le 6 février 1908 à Séville dans la même rue que 34 ans auparavant naquît Manuel Machado poète pas si fameux comme son frère Antonio Machado. Cette coïncidence ne sera pas gratuite. Aîné du couple José et Maria Justa, comptes de Gómara. Le jeune aristocrate est scolarisé 1916 dans un internat à El Puerto de Santa Maria où il rencontre Rafael Alberti. Après d’autres collèges, 1926 à l’université de Grenade commence ses études en Droit. Là il rencontre García Lorca.

Aucune donnée ne nous assure qu’il ait exercé la profession mais il se contentait fidèle aux mœurs aristocratiques de dépenser  les généreux revenus familiaux. En effet après la chute de la monarchie et l’arrivée de la république à laquelle notre jeune aristocrate n’est pas hostile, on le voit souvent assister aux cafés chantants et théâtres de variétés de Séville. Dans cette ambiance rencontre-t-il le populaire écrivain de paroles Antonio García Padilla, dit « Kola »,  père de qui serait la très célèbre actrice et chanteuse Carmen Sevilla. Ils entrent en collaboration et signent quelques chansons qui deviendront assez connues. Selon Antonio Burgos, écrivain et journaliste qui maîtrise le monde de « la Copla » et ses ambiances, Kola n’arrivait point au talent de Rafael de Léon mais ce dernier consentait à cette cohabitation parce que de sa main il avait accès à tout ce petit monde de création artistique au début interdit pour un aristocrate.

Pendant son service militaire dans un régiment de Séville il rencontre lors qu’elle se produisait sur la scène du Théâtre Lope de Vega, la plus grande des chansonnières de la chanson andalouse-espagnole : Concha Piquer. Ce genre musical deviendra « la Copla ». Plusieurs de ses chansons seront écrites pour elle.

Mais allons peu à peu. En 1932 notre jeune poète influencé par le maître Quiroga déménage à Madrid où avec l’adjonction d’Antonio Quintero forment le tandem de référence de la chanson espagnole de ces années. Mais des événements sont encore à arriver.

En 1936 éclate la guerre civile et elle surprend León à Barcelone. Les républicains le mettent en prison comme il arrivait aux toréros, aux artistes folkloriques sous soupçon soit de monarchistes soit de droitistes. Argumentant sa liaison d’amitié avec des célèbres poètes républicains comme León Felipe, Federico García Lorca, Antonio Machado…, on le libère.

Les chansonnettes de la triade prodigieuse chantées par les premières vedettes du pays obtiennent un rapide succès. Le peuple les fait siennes. Les femmes les chantent pendant leur ménage. Ces histoires d’hommes courageux qui risquent leurs vies sur le sable ardent des places, au cœur tourmenté par cette femme orgueilleuse qui a préféré les attentions d’un homme riche ; ces histoires de braves femmes trahis par des hommes qui cherchent d’autres aventures, trouvent la terre idoine où germiner.

Le régime du vieux Franco a à sa portée un genre nettement espagnol qui dans un pays portes closes se nourrit de soi même. On fait drapeau de ce style. Et sous le signe de l’hispanité on ouvre les frontières à des musiques des pays germains d’Amérique. Ainsi s’installent le boléro, le tango, les sons de Cuba, les valses péruviens, les « rancheras » mexicaines…

Mais à la fin le concept de Copla suppose un essai de définir un style propre que si bien il a une forte contamination andalouse et des pals du flamenco a la vocation de s’écarter des rythmes américains ; un produit comme on a dit : nettement espagnol.

Pendant plus de vingt ans les chansons de la triade immortelle interprétées par les meilleures voix ont été le soutien et l’aliment d’une Espagne abîmée après la guerre.

Les temps changent et à partir des années soixante tombent légèrement les barrières culturelles et d’autres rythmes de l’Europe et des États-Unis nous envahissent. Les jeunes et les élites culturelles méprisent absolument la Copla à cause du soutien que lui a accordé le régime. Ses lettristes et poètes sont condamnés à l’oublie.

Avec la parution de la démocratie ce phénomène augmente ; on associe ces musiques à une période obscure de notre histoire sans reconnaître que celles chansons populaires, pas astiquées certes, un peu légères, ont été le soleil, la lumière, les fleures survivantes dans un jardin dévasté.

Rafael de León, en opinion d’Antonio Burgos, appartient par droit propre à la génération du 27, mais on ne l’a jamais inclus dans l’une de ces listes. Aucun poète a été autant récité, autant chanté que lui. Et seulement quand la poésie, la chanson, le peuple la fait sienne, la reconnaît comme battue du même matériel, académiciens de salon à part, elle devient immortelle, elle est parvenu à irriguer notre esprit.

(à suivre)

 Manuel de Français

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