Borges et les lectures obligatoires.

Borges et les lectures obligatoires.

Il y avait une fois en Espagne un grand journaliste qui fut locuteur de radio et qui surtout à la télé à mené un programme exemple et témoin d’une façon de faire télé, par malheur disparue à jamais. L’homme était Joaquin Soler Serrano et le programme A fondo, (À fond) en français. Le format le plus élémentaire de tous, valable pour la radio et pour la télévision dont la parole respectueuse est protagoniste, bref, le genre interview. De nos jours on entend dire que les journalistes ne sont plus ceux de jadis. Certes ou non. Mais, et les personnages à interviewer ? Voici une petite liste d’interviewés : Jorge Luis Borges, Julio Cortázar, Miguel Delibes, Josep Pla, Ernesto Sábato, Juan Rulfo, Camilo José Cela, Gabriel Celaya, Rafael Alberti, Salvador Dali et quelques autres. Tous personnages énormes, uniques, singuliers à la conversation intéressante. Entre le présentateur et l’invité : un cendrier sur un piédestal majestueux. C’étaient les années 70 et 80.

Le maitre Borges y a été invité deux fois : 1976 et 1980. Dans la première il a fait à mon avis des révélations extraordinaires. La première qu’il trouve l’allemand, une très belle langue ayant des voyelles ouvertes comme l’espagnol, pas comme l’anglais une langue de demie-voyelles. Le français il l’avait trouvé dans son chemin mais il ne l’aimait plus à case de son accent. Parmi ces quatre langues mentionnés, trois l’avaient choisi (elles à lui). A savoir : l’espagnol et l’anglais ses langues maternelles, le français langue de quelques de ses études, mais c’était lui qui est allé à la recherche de l’allemand, à cause de la beauté de ses sons.

La deuxième chose à réfléchir c’est quand il déclare que malgré son faible amour pour la langue française, sa littérature doit être des meilleures. En effet si l’on pense à Allemagne avec une certaine  erreur on peut dire Goethe et c’est tout ; Espagne et Cervantes (Cervantès), l’Angleterre et Shakespeare. Mais penser en France et dire Hugo, cela ne suffit ; dire Voltaire, non plus ; La Chanson de Roland, la même chose ; Verlaine pas non plus, Flaubert…

Voilà les grands auteurs de quelques langues. Ils doivent être connus dès l’école bien sur. Mais comment agir ? Faut-il demander des lectures obligatoires ? Doit-on conseiller le texte intégral ? Mon expérience directe et indirecte me dit qu’œuvres capitales comme Don Quijote (Don Quichotte) de Cervantes (Cervantès) où les Misérables de Victor Hugo, on n’a pas le droit de les imposer. Question de difficulté ? Parfois, mais surtout question de quantité, d’épaisseur.

Je collige que le professeur de littérature devrait choisir des passages bien attirants pour subjuguer, pour engager l’élève pour des recherches personnels, et pourquoi pas pour qu’ils comme un exercice de choix individuel demandent leurs parents de leur acheter l’œuvre immortelle. N’oublions pas que d’habitude les classiques en édition poche sont très bon marché.

L’œuvre adaptée ou abrévié je ne la conçois que pour des éditions infantiles.

Je me souviens de beaux moments de mon adolescence où le professeur ayant une diction convenable nous lisait des passages de chefs d’œuvre qui furent le germe de quelques achats futurs.

Est-ce que les professeurs lisent encore aux élèves ?

Manuel de Français

À propos des Haïkus et de l’École de Langues de Valencia.

À propos des Haïkus et de l’École de Langues de Valencia.

Qu’est-ce qu’un Haïku ?, je me demandais il ya a une semaine. Après j’ai participé à un concours de Haïkus et je me demande encore, qu’est-ce qu’un Haïku? On m’a appris qu’il s’agit d’une variable poétique japonaise très brève, de trois vers et dix-sept syllabes dont le premier vers en aura cinq, le deuxième sept et le dernier, cinq. Mais on ajoute que cela n’est pas d’une grande rigueur quant au syllabes mais sur le nombre des vers il n’ya pas de discussion. Les vers ne doivent observer nulle rime ni le langage doit être soigné en excès. Voilà les constants de nos jours quant au langage: Brièveté et pas de soin.

Évidement l’occidentalisation du concept, même de l’esprit, sans m’y connaitre rien de la culture ni de la langue japonaise me fait penser que quelque chose s’est perdu dans le chemin. Parler de syllabes s’est le plus équivalent des mores japonaises, une découpure plus subtile et mince du son qu’une syllabe occidentale.

En plus le Haïku ne se contente pas de décrire les choses, il nécessite le détachement de l’auteur. Il traduit le plus souvent une sensation. Il est comme une sorte d’instantané. Il n’exclut cependant pas l’humour, les figures de style, mais tout cela doit être utilisé avec parcimonie. Il doit pouvoir se lire en une seule respiration et de préférence à voix haute. Il incite à la réflexion. Il est préférable de le lire deux fois afin d’en saisir complètement le sens et la subtilité.(*).

Je trouve que cet état de l’esprit n’est point propre des européens soit du nord ou du sud ; qu’il faut s’entrainer et se discipliner pour essayer tout simplement d’émuler un état étrange à nous. C’est bon connaître cette idiosyncrasie orientale, mais, et voilà ma réflexion : Faut-il importer absolument tout ? Faut-il soumettre nos belles langues à cette contrainte ?

L’école de Langues de Valencia (E.O.I) Escuela Oficial de Idiomas en espagnol, a organisé un concours de Haïkus dans toutes les langues qu’on y peut étudier, à savoir : le français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol pour des étrangers, le valencien-catalan, l’italien, le russe, le portugais, le chinois et l’arabe. Malgré mes diatribes du paragraphe antérieur, moi, j’y ai modestement participé. Français et allemand. La première dont j’ai une connaissance acceptable sans grande euphorie et l’autre, une langue que j’étudie mais que je ne suis pas encore arrivé à comprendre son essence.

D’abord je trouve bizarre proposer un model littéraire propre d’un pays dont on n’offre pas l’apprentissage de sa langue. Malgré ça, à mon avis il y a eu une participation acceptable. Si bien le model choisi est le minimum, néanmoins suppose un petit effort ; une partie des Haïkus étaient même décorés. Par contre, si l’on compte en pourcentages la participation a été baisse.

Gewinnerin (auf Deutsch)

La façon de voter les compositions nous transporte aux votations de l’Eurovision. Paraît-il que les professeurs de chaque langue votaient ceux de leur compétence et aussi les élèves pouvaient voter (comme en Eurovision) ceux des langues où ils sont inscrits.

Mein Haiku (auf Deutsch)

On a fait la lecture des vainqueurs en acte solennel  avec la présence de presque la moitié d’entre eux (ce qui donne à penser) et quelques-uns plus. Très peu de gens y ont assisté m’a-t-on informé.

Gagneuse (en français)

Aux vainqueurs en général mes félicitations ; à la gagneuse  d’allemand félicitations aussi, mon niveau de lange ne me permets pas évaluer si elle a été digne rivale, quand même son haïku semble un peu long.

Le mien (en français)

À la gagneuse de français mes félicitations aussi ; elle a beaucoup d’amis.

(*) Extrait d’un article de Wikipedia dont on cite : L’art du haïku, pour une philosophie de l’instant, textes de Vincent Brochard et Pascale Senk, collection l’esprit d’ouverture chez Belfond

Postscriptum. Pour une prochaine édition je propose faire un concours de Soleás. La soleá  est une composition lyrique d’origine andalouse, de trois vers aussi, octosyllabes, dont le premier et le troisième riment en assonante ; le deuxième évidemment reste libre. D’habitude expriment des sentiments tels que la solitude et la déception.   

Manuel de Français