Demis Roussos, le grec d’Alexandrie

Demis Roussos, le grec d’Alexandrie

DEMIS-OJOS-1-WEB

Né et élevé en Alexandrie au sein d’une famille d’origine grecque, où sa mère et sa grand-mère cuisinaient des spécialités grecques assaisonnées de sauces égyptiennes…

En Orient, les femmes se dépilaient en utilisant un mélange de sucre fondue dans le jus du citron chaud ; un caramel qu’il dévorait dans ces incursions furtives à la cuisine (avant de son utilisation)… (*).

DEMIS-TOUNIQUE-WEBDemis le grec, le gros barbu à la voix d’ange, l’extravagant aux tuniques comme un curée à la Grand-Messe, monté sus ses bottes à haute plateforme, il est venu colorer notre Espagne un peu grisâtre des années 70. Il y avait à l’époque, bien sûr, la couleur vivante des « batas de cola » des folkloriques du flamenco. Mais pour les « progres », cela n´était pas de saison.

Selon toute probabilité, il serait venu de la main de José María Íñigo, ce grand maître et mage de ces glorieuses années en matière de télévision où il n’y apparaîtrait que le mieux ; les meilleurs. Quel dommage d’involution !

Pour un gamin de mon âge ce qui m’étonnait le plus, m’étonne encore, c’est qu’une voix si douce puisse sortir d’une charpente si forte. En Espagne il chantait en espagnol et en anglais. Ses yeux redessinés au rimmel (l’enfant de jadis ne le raisonnait pas encore) étaient plutôt rêveurs que tristes.

Demis-Dominique--janvier-1977-Paris-Match-1-WEBAprès on a appris qu’il s’est produit aussi en France, ce qui preuve, encore une fois, que la chanson française est chose de métèques. À Maisons Laffitte, il demeurait comme un prince, entouré de six domestiques et surtout de Dominique, sa compagne, véritable alma-mater de la maison. Elle le voulait gros et opulent, tandis qu’elle Demis-Dominique--janvier-1977-Paris-Match-2-WEBne mangeait que les jours de réception. Ils recevaient trois fois par semaine. Les grands bouffes restent dans la légende des lieux.

Libéré de Dominique, paraît-il que Véronique l’influence dans de saines habitudes de vie. Il trouve son équilibre à four et à mesure qu’il perd son bedon. Au début  des années 80 apparaît son livre « Question de poids ». Le livre recueille son expérience personnelle et pontifie sur une diète, la sienne, élaboré en collaboration avec Véronique Skawinska.

Demis-Roussos--janvier-1977-Paris-Match-2-WEBAprès des décennies, où j’avais perdu sa trace, je l’ai  retrouvé à la télé, très sporadiquement, regrossi et vêtu « en occidental », évidemment vieilli mais à la voix limpide comme toujours. Et après l’assaut au pouvoir de Syriza on apprend le décès de Demis, le Grec d’Alexandrie. N’a-t-il pas pu l’encaisser ?

 

(*) Paragraphes 1 et 2 extraits de son livre « Question de poids »  1982

- Les photos 3, 4 et 5 sont tirées des contenus affichés sur internet d’après une séance de photos en janvier 1977 pour Paris-Match.

 

Manuel de Français

Devine Devinette / Un Portrait

Devine Devinette

Un ami farceur mais au grand cœur, proclame que j’écris comme Unamuno. « Comme tu es gentil », je lui remercie. « Oui mon ami », me répond-il. « Parce que comme lui, ce que tu écris, ce ne sont pas des nouvellettes mais des nivollettes ». Et comme je lui remercie encore il s’encourage et ajoute : « Et pas question de sonnettes, mon vieux ; tu écris des sonnittes ».

Alors ce qui suit, je ne sais au juste pas comment le nommer. Mais mon ami farceur au grand cœur m’en apprendra.

                                                                     Un Portrait

 

DEVINETTE-PAPILLON-WEBJ’entreprends la tâche qu’on m’a ordonnée,

et je ne demande que ma plume glisse

sur cette feuillette, à la couleur lisse,

et qu’elle ne s’arrête point ; c’est ma volonté.

 

DEVINETTE-COMPLET-BLEU-WEBÀ cette fin, je voudrais vous offrir

des vers en rythme et mètre parfaits.

Mais pour faire en vers de quelqu’un le portrait

Émettrai-je bien sûr plus d’un soupir.

 

Je vous parle d’un être humain,

dont le genre, hélas !, n’est pas féminin,

déjà deviné ?, je m’en doutais, c’est masculin ;

vivant aujourd’hui et j’espère que demain.

 

Car le type n’est pas un gamin ;

de sa vie, le livre a plusieurs pages.

Mais plus qu’un homme d’un certain âge

C’est un homme d’un âge certain.

 

DEVINETTE-CROONER-WEBIl est plutôt petit, comme un garçon

Sa chevelure qu’il conserve en fil d’argent

Aussi chauve, quel indécent,

Comme quand il était jeune de 40 ans.

 

Malgré tous les automnes tombés,

son dos de courber n’est pas pressé,

comme le mât d’un navire, il est dressé ;

seulement sa jeunesse s’est paumée.

 

Mais l’âge qui d’habitude enlève, comme ils disent

souvent, apporte aussi et sans être beau,

plus intéressant est-il que quand il était bleu ;

ce sera vrai ; les femmes le disent.

 

Et me voilà qu’en essayant la rime,

Plus d’un tiers de mon soi-disant poème

Est déjà exposé, quel phénomène !

Mais allons peu à peu ; à ce rythme.

 

Pour continuer avec le personnage,

faudra-t-il ajouter ; c’est juste et prudent

qu’il est français d’adoption, de sentiment,

mais pas d’origine et ce n’est pas un outrage.

 

De la France et de sa chanson bien aimée

Est-il représentant de son plein gré.

Mais du pays de ses aïeuls, c’est vrai

Ambassadeur a-t-il été nommé.

 

Malgré son ascendance, à Paris est-il né,

dans le premier quart su siècle dernier

où partageaient-ils les rues, charrettes et cabriolets,

mais du début sentait il la gloire ; quel bon nez!

 

Peu après du bras de la Piaf  s’est-il collé.

Plus qu’amant, confident, ami et chauffeur,

un va et vient, presque un servant, un chasseur,

une bonne à tout faire ; il a su décoller.

 

Et bien sûr, il a appris son métier ;

Son métier de chanteur, bien appliqué :

méticuleux, travailleur, étudiant sans université…

Car la vie, a été sa carrière, son sentier.

 

Et ayant autant de génie, que voulez- vous ?

Qu’il soit modeste ? Ne me faites pas rire !

Celui qui du néant a émergé, faut-il le dire

peut se permettre un certain orgueil, je l’avoue.

 

Mais à vraie dire, plus qu’orgueilleux, il est fier.

Plus que génie, artiste.

Plus que comédien, fantaisiste.

Chanteur d’aujourd’hui, de demain et d’hier.

 

Sa voix, vous me permettrez, n’est pas limpide

Son ton n’est  pas doux ; plutôt rauque.

Mais ses paroles touchent et provoquent ;

sans elles, de ma vie, la bande sonore serait-elle vide.

 

Paris, lieu commun, c’est le décor sempiternel ;

dans ces chansons dont l’amour arrive…

Mais c’est sa perte, sa fuite ; sa question addictive

Le passage du temps, son sujet essentiel.

 

La perte de la jeunesse par conséquence,

Les amours perdus qu’évoquent  les murs

des bâtiments, des églises comme un murmure

lointain, qui se répète comme un écho avec fréquence.

 

Survivant d’une époque dorée

de la chanson française dite La Chanson,

de sa construction le plus grand maçon:

le plus connu, le plus consacré.

 

Et jusqu’ici, le portrait plein d’admiration

d’un homme, un chanteur, un acteur, un artiste.

Pas besoin, j’en déduis d’ajouter aucune piste.

Si l’on a deviné, elles me précèdent, mes félicitations !

 

Manuel de Français

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aznavour au Liceu de Barcelona. Non je n’ai rien oublié.

Aznavour au Liceu de Barcelona. Non je n’ai rien oublié.

  Affiche-Aznavour-1-web par Manuel Geómetra   Un homme marche, le pas tout tranquille que possible, dans  la foule, dans la foule qui le bouscule. La Rambla de Canaletas comme d’habitude à cette heure de l’après-midi, du soir on se résiste à dire car le soleil brille encore à plein feu, ressemble à une tripe de saucisson incapable de contenir autant d’ingrédients. Il marche légèrement émou. C’est un grand événement, dans sa vie, dans la bande sonore de sa vie. En plus c’est la première fois qu’il franchira le seuil du Liceu. Il n’est pas barceloni, même pas catalan, mais il se sent touché du bonheur, le bonheur de pénétrer dans le sacre temple de la vie mondaine et artistique de Barcelona, (excusez-moi, Barcelone c’est pour les français). Le Liceu de Montserrat (la Caballé) qui l’a prêté pour une soirée ;  à qui ?

     Seulement une petite affiche au mur dans le portique d’entrée. Néanmoins il est comblé de gens qui attendent. On les distingue des curieux à l’élégance de leurs habits, une élégance discrète ; ce n’est pas une soirée de première, c’est un spectacle du monde des variétés comme la vedette avouera plus tard.

AFORO-WEB par Manuel Geómetra     La séance est prévue à 21heures mais à huit heures et demie  notre homme a déjà trouvé son fauteuil. Il aime arriver à l’avance. Voir le théâtre, voir l’ambiance, voir les gens qui arrivent. Au hall les femmes se font photographier de leurs accompagnants, les petits groupes  à leur tour se font photographier les uns des autres. Mais lui, il est seul…

     La voix en off annonce qu’après dix minutes, la séance commencera. La même voix répète qu’il ne manque que cinq minutes. La voix parle le catalan, l’espagnol et l’anglais. Cinq minutes après, la voix annonce qu’il ne reste que trois minutes. Des doubles minutes sans doute. À sa droite le siège n’est pas occupé. Un solitaire, une solitaire en retard ?

  CENITAL-WEB par Manuel Geómetra   La lumière, comme le soleil dehors, perd son intensité. Une humble clarté sur la scène permet voir l’arrivée des musiciens. « Pardon, désolée » Une femme, bonne mine, qui n’a plus vingt ans depuis longtemps, arrive. « Madame, s’il vous plaît » Mais cette figure… Pas un mot, le vieux Charles apparaît sur scène. Public débout, elle aussi, c’est bien elle ! Applaudissements de bienvenue. Elle aussi. « C’est bien lui » avoue-t-elle. Les mains applaudissent, un croisement de regards, une étincelle. Charles sourit satisfait, remercie le public sa présence.

     Les Émigrants, la première chanson commence. Soudain il arrête la chanson argumentant que : « le problème n’est pas l’orchestre mais la machine ; on est toujours en mains de la machine » Tandis que des mains invisibles adaptent le son, il chante El Barco ya se fué presque improvisé, presque à capella  avec la seule compagnie du pianiste Erik Berchot.

     « Je crois que vous comprenez assez bien le français. Je comprends un peu l’espagnol, mais vous parlez tellement vite… »

     Paris au mois d’août, troisième chanson. Pour notre homme, qui sent la présence de sa voisine, l’orchestre joue encore trop fort, mais les paroles : « Balayé par septembre / notre amour d’un été… » Nouveau croisement de regards, nouvelle étincelle.

      Coquet et charmeur comme toujours, le vieux chanteur avoue que cette semaine il fait quatre-vingt-dix ans. Applaudissements renouvelés. Comme toujours aussi, deux sont les sujets de ses chansons, avoue-t-il : la perte de la jeunesse et le temps qui passe. « Et la perte de l’amour » avoue notre homme à son tour et pour lui-même.

     Les chansons en français et en espagnol se succèdent en composant un répertoire pas très habituel, avec des chansons moins expérimentées, mais avec son savoir-faire, à fur et à mesure que le concert avance, sa voix se réchauffe, il devient de plus en plus grand livrant des émotions sur un public déjà séduit. Un moment magique quand encore une fois en intimité avec son pianiste, il interprète une nouvelle version en espagnol de « Sa jeunesse ».

     Sept musiciens dont une femme au clavier et accordéon, un autre clavier, le pianiste, deux guitares, une basse et une batterie qui malgré sa protection derrière une cloison au méthacrylate sonne assez forte et deux femmes aux chœurs, (sa fille Katia et Claude Lombard), accompagnent le vieux chansonnier. Pas de violons comme d’habitude. Par économie ? se demande-t-il notre homme ou par la petitesse de la scène ? La scène pour un Gran Liceu semble petite ce qui n’a pas empêché le chanteur-acteur de faire ses interprétations : danser avec Les plaisirs démodés, sautiller avec Emmenez-moi, faire les gestes pleins de contenance d’un homosexuel et travesti dans Comme ils disent, interpréter avec le langage des mains  dans Mon émouvant amour, et le moment fort, le plat épicé ou il joue le peintre en s’essuyant les mains avec une toile blanche qu’à la fin de La Bohème il jette au bord de la scène et qui disparait tout de suite dans les mains d’un homme galant qui l’offre à une dame.AZNAVOUR-AU-LICEU-WEB par Manuel Geómetra

     Quatre-vingt-dix ans dont plus de soixante sur la scène, le moins instruit des auteurs selon lui ;  il avoue qu’à dix ans il a dû quitter l’école, sa voix rauque qu’il avait déjà il y a un demi-siècle quand il a chanté pour la première fois en espagnol et à Barcelona, qui maintenant commence à se ressentir un peu, toute la poussière des chemins parcourus qui s’installent dans l’esprit de l’artiste se sont manifesté avec contenance dans l’spectacle offert la soirée du 26 juin 2014 au Gran Teatre del Liceu. Quand il abandonne la salle suivi des musiciens, réclamé par l’urgence des applaudissements sans cesse, il revient sur ses pas, les musiciens aussi, et offre La maman.

     Rien ne va plus. Aznavour abandonne la scène, les musiciens aussi, et soudain les lampes cassent l’obscurité. Les gens commencent à abandonner la salle. Elle reste dans son fauteuil, lui, il aussi. Pour la première fois ils se regardent longuement dans les yeux ; des attardés se font encore des photos, les employés commencent à mettre en ordre la salle pour un prochain évènement. Absents à ce va et vient, ils restent encore sans dire un mot…

     « Tu sais » brise-t-il la glace « Aznavour ne l’a pas chanté, mais :

Je n’aurais jamais cru qu’on se rencontrerait
Le hasard est curieux, il provoque les choses
Et le destin pressé un instant prend la pause
Non je n’ai rien oublié

Je souris malgré moi, rien qu’à te regarder
Si les mois, les années marquent souvent les êtres
Toi, tu n’as pas changé, la coiffure peut-être
Non je n’ai rien oublié

Marié, moi ? Allons non,  je n’en ai nulle envie
J’aime ma liberté, et puis, de toi à moi
Je n’ai pas rencontré la femme de ma vie
Mais allons prendre un verre, et parle-moi de toi

Qu’as-tu fait de tes jours ? Es-tu riche et comblée ?
Tu vis seule à Paris? Mais alors ce mariage ?
Entre nous, tes parents ont dû crever de rage
Non je n’ai rien oublié

Qui m’aurait dit qu’un jour sans l’avoir provoqué
Le destin tout à coup nous mettrait face à face
Je croyais que tout meurt avec le temps qui passe
Non je n’ai rien oublié

Je ne sais trop que dire, ni par où commencer
Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête
Mon passé revient du fond de sa défaite
Non je n’ai rien oublié, rien oublié

A l’âge où je portais mon cœur pour toute arme

J’ai voulu te revoir mais tu étais cloîtrée
Je t’ai écrit cent fois, mais toujours sans réponse
Cela m’a pris longtemps avant que je renonce
Non je n’ai rien oublié

L’heure court et déjà le café va fermer
Viens je te raccompagne à travers les rues mortes
Comme au temps des baisers qu’on volait sous ta porte
Non je n’ai rien oublié

Chaque saison était notre saison d’aimer
Et nous ne redoutions ni l’hiver ni l’automne
C’est toujours le printemps quand nos vingt ans résonnent
Non je n’ai rien oublié, rien oublié

Cela m’a fait du bien de sentir ta présence
Je me sens différent, comme un peu plus léger
On a souvent besoin d’un bain d’adolescence
C’est doux de revenir aux sources du passé

Je voudrais, si tu veux, sans vouloir te forcer
Te revoir à nouveau, enfin… si c’est possible
Si tu en as envie, si tu es disponible
Si tu n’as rien oublié

Comme moi qui n’ai rien oublié 

Et paraphrasant Joaquín Sabina:

Y después, para qué más detalles,
Ya sabéis, copas, risas, excesos
Como van a caber tantos besos
En una canción.

 Manuel de Français

Manolo Escobar

Manolo Escobar

(19/10/1931 – 24/10/2013)

Manolo-Escobar-webManolo Escobar era un tipo de esos que si una noche tocaba a tu puerta, le invitabas a entrar porque era como de casa. Lo sentarías a tu mesa y continuarías una conversación que creías iniciada tiempo atrás. Como íbamos diciendo…

Seguramente se bebería algo de vino durante la cena y después de recoger la mesa (tarea en la que tal vez él no participara), a buen seguro se cantaría.

Algunos estetas modernos hoy totalmente trasnochados harían el diagnóstico de que representaba a una España casposa y aferrada al régimen. Desde hace ya demasiadas décadas se menosprecia aquello que otrora, no por todos pero sí por muchos se llamaba españolío y que probablemente se correspondía con la mayoría de los tópicos patrios. Pero ¿qué quieren que les diga? Era una forma de resistencia interior, una manera de ensalzar lo nuestro, lo autóctono, lo que pudiera unirnos a la mayoría de los españoles aún de diferentes regiones, hoy comunidades, aunque aquello tuviera un marcado tinte andalucista.

La doctrina no la había elaborado el régimen, sino aquella triada prodigiosa formada por los irrepetibles Quintero, León y Quiroga, que buscaron en la tonadilla, en la copla de letra asequible y pegadiza una introspección, una mirada interna, elogiando y alabando lo que de bueno nos caracterizaba como pueblo unido aunque diverso para sobrevivir a la adversidad y no en la amargura del lamento eterno.

Muerto también Carlos Cano, que fue el renovador, ha sido quizás Manolo Escobar el último representante masculino de ese género musical que se ha convenido en llamar copla como concepto más  amable, más asumible por la España de las autonomías que la denominación original, esto es: canción española. Manolo Escobar las cantó con su estilo más que personal y son sus coplas más representativas las que han evolucionado a la par que nuestra sociedad: de la España eminentemente agrícola y rural idealizada por Mi carro, a la España aperturista representada por La Minifalda, sin olvidar ese guiño al símbolo que los gobernantes de Barcelona rechazan por español: los toros, a cuyo espectáculo acudía la niña de Manolo Escobar en minifalda. Sin olvidar incursiones en otros géneros, como la versión valiente que hiciera del tema de Gabinete Galigari: La culpa fue del chachachá.

Representó lo más genuinamente español sin dejar de ser catalán de adopción. Valga de ejemplo para los que proclaman que son cosas incompatibles.

 

Apa, el xic de Godella

Apa, el xic de Godella

            Parlar de l’Apa, per a mi, és parlar del meu company d’escola. Una escola encara franquista, i ho dic sense càrrega pejorativa, on el mestre don Tomás, segurament pròxim al règim, sense estridència però, no ens va fer cantar el cara al sol més que dues vegades i això estime jo que per acomplir alguna quota de mínims.

            Allò per a un xic de dotze anys que en feia dos que havia tornat de la diàspora migratòria dels anys seixanta, en concret de Luxemburgo, suposava  una de tantes coses estranyes inherents à la condició de començar a esser espanyol.

 Tornant a l’Apa em resultava també curiós que un xic que tartamudejava , cantara tan bé i sense enganxar-se. ¡Canta el “borriquito como yo” del Peret!, el deia don Tomás quan fèiem un poc de festa. I l’Apa el cantava. Molt bé!

Deixar l’escola i perdre’l de vista va esser tot un. Eren els temps on als catorze anys es podia començar a treballar. Ell no sé el que va fer. Amb el pas del temps em vaig assabentar de petites coses… noticies aïllades. Que si l’Apa participa al grup de folklore Alimara, que si l’Apa ha gravat un disc de cants d’estil amb Josepa Blasco. Poc importa si en aquell temps Josepa fóra mes coneguda en el món de la cançó popular. Per a mi era l’Apa amb una altra persona. Mes tard m’assabentí que aquell disc es va fer sota la direcció de Juan Bau i produït per Paco Muñoz.

Entrem en els anys 2000 i desprès d’un periple vital a la veïna ciutat de Burjassot vaig regressar a Godella. Ja l’havia jo vist treballar com electricista a les ordres d’un cosí meu. Com tants altres músics i artistes de tota mena ha de tindre un treball, un complement per ajudar a omplir l’olla.

En 2001, mentre parlava jo amb el meu cosí, una trucada interrompí la nostra conversa. Era l’Apa que demanava uns dies de permís per anar a cantar a Malta.

En 2011 publica el seu disc mes personal: Cants i cants.

El 7 de juliol al Teatre Capitolio de Godella, l’ajuntament de Godella de mans del seu batlle, en finalitzar un emotiu homenatge de tres hores, li atorgà la medalla d’or de la vila, la més alta distinció que el consistori concedeix als seus veïns més rellevants.

Entre altres participaren a l’acte; el grup de danses el Poblet, alumnes de l’escola de cant d’estil de Godella, el grup Al Tall… Alguns veïns relataren anècdotes, altres algun poema; un xic que  va recitar un poema prou bo, de la seua collita, quedà reduït al no res pel pròleg que va precedir a la seua recitació el qual va conjugar “fill de puta” i “extrema dreta”. Aquest va esser un detall poc elegant, groller, que deixà un regust amarg en la boca però que no aconseguí contaminar la resta de l’acte.

El versador Josemi Sánchez, ombra inseparable de l’homenatjat en les nits d’albades organitzades per l’Apa amb motiu de les festes patronals, estigué present “menjant-li l’orella” als quasi vint participants de l’escola de cant d’estil de Godella. L’acte es va clausurar amb la imposició de la medalla i el cant d’una albada pel propi Apa i sutzurada  per Josemi Sánchez. L’acte va ser presentat per Miquel Gago antic regidor i en gran mesura per la que crec organitzadora: Teresa Segarra que també deixà constància de les seues qualitats vocals. Un discret Paco Muñoz era entre el públic.

Uns mesos abans de l’acte trobí l’Apa dues o tres vegades esmorçant. Un cafenet i a continuar la faena, “estic fent la instal·lació en una obreta em va dir”.

El meu homenatge al company, al músic, al “cantaor”, a l’estudiós de la música popular i a l’electricista. Tots son oficis  necessaris.

Joan Perfavor

Le jeune chanteur est mort.

Le jeune chanteur est mort.                                                                                              Après Moustaki que nous reste-t-il ?

Dans la Radio de Julia, un programme à l’une des chaînes nationales de radio en Espagne, il était six heures et quart d’un après midi paisible. Soudain, après la publicité, on entend les premières notes de  Le Métèque. Un pressentiment, une tape, un coup gelé (Miguel Hernandez m’est venu à l’esprit); la nouvelle était déjà donnée bien sûre, mais je ne savais rien. « Georges Moustaki, icône de la chanson française est mort aujourd’hui ; il n’avait que 79 ans », a-t-on déclaré.

On l’a consacré le programme. Mais comme métaphore qui essayait répondre à la question suivante : qu’est ce qu’il nous reste ? On l’a enlacé avec la plus célèbre phrase du plus célèbre film ; Casablanca : Toujours il nous restera Paris. Qu’est-ce qu’il nous reste à présent, comme lieu-refuge ? Que reste-t-il de nos chimères collectives ?

Après le programme, sous l’inspiration j’ai composé ces quelques lignes :

 

                                                    Le jeune chanteur est mort.

Le jeune chanteur est mort

Il n’avait que dix-sept ans

C’est lui qui apportait à ma mémoire

Les plus beaux de mes mots d’amour

Barbu, voleur de jardins

Découvreur de fleurs qui n’avaient pas de nom

Traitre de sa liberté

Surveillée par sa belle geôlière.

Tu t’en es allé comme tu es venu

Sur la mer de Nice

Qui baigne aussi l’Alexandrie

Et Sète où repose le grand fou

                                                    Qui porte le même prénom que vous.

Avide d’information, selon les mœurs modernes j’ai cherché sur l’internet. Parmi pas mal de nouvelles, il m’a attiré le résumé d’une courte interview concédée par Marina Rosell à une chaîne catalane. Comme il y avait un lien j’y ai cliqué et d’une voix claire mais un peu angoissée, Marina, sa grande amie des dernières années, célèbre cantatrice, qui même vient de publier un disque de versions de Moustaki en catalan a déclare (parmi d’autres choses) :

Primo : Pour moi c’est comme si la bibliothèque d’Alexandrie fut brulée à nouveau.

Secundo : Il est mort la dernière légende de la chanson française.

Pour la première affirmation on n’a rien à dire, étant donné qu’il s’agit d’une opinion motivée par l’admiration et la douleur de la perte.

Mais la deuxième (néanmoins faut-il être compréhensif), est un titulaire digne d’un journaliste mais pas d’un copain de métier. D’abord parce que c’est ce qu’en espagnol on appelle une « jilipoyez » (une bêtise) et puis parce que ce n’est pas vrai.

Non madame Rosell, je partage dans la distance votre douleur que je sens comme propre mais heureusement il nous reste Aznavour.

Manuel de Français

Luis Eduardo Aute en Godella o la rotulación de las butacas.

Luis Eduardo Aute en Godella o la rotulación de las butacas.

     Sábado 13 de Abril de 2013 en Godella. Teatro-Cine Capitolio, 22.30h. Fiel  al hábito contraído de llegar con antelación para ver el ambiente y la gente llegar. Ello también da pie a solventar algún eventual contratiempo. Paso por el control de entradas sin problema. ¡Hurra! Primera prueba superada. Un chico sonriente elegante a la par que sobriamente vestido indica la localización  de las butacas. En mis entradas la cosa esta clara: fila 12 butacas 2 y 4. No hay pérdida. No obstante para que se sienta útil le pregunto. Me responde: en la cuarta a la derecha, aunque pone impares son las pares. No entiendo, como es lógico, la explicación pero ante la claridad de las entradas, sigo adelante. Con mi acompañante. El teatro a media luz; la rotulación de las butacas ilegibles para un présbico, término inexistente pero de mi autoría para designar al que padece de presbicia. La utilidad mayor de una acompañante con bolso es la de poder confiarle la custodia de pequeños objetos valiosos, a saber: las lentes de vista.

     ─No me las has dado. ¡Las tendrás tú!

     No me atrevo a discutir so pena de protagonizar un espectáculo paralelo al oficial. Finalmente de algún intersticio del bolso aparecen las dichosas lentes. Me las calzo y busco la numeración. Dos señoras sentadas tras la posición que más tarde comprendimos que nos correspondía nos aclaran lo que es obvio: “En todo teatro los pares están a la derecha y los impares a la izquierda, pero se han equivocado así que aunque pone impares, aquí son los pares.

” Vale aclarado esto…

     Una voz de fémina anuncia que va a comenzar el espectáculo. Se hace oscuridad la sala y comienza la película de animación: El niño y el obelisco. No diré casi nada por si alguien quiere verla. Tan solo que forma parte del disco: El niño que miraba el mar. En mi opinión, el filme podría tener el mismo nombre y haber suprimido completamente al obelisco. Pero como decía Facundo Cabral de Jorge Luis Borges (yo lo adapto a Aute): Nos unen tantas cosas/ pero una sola nos separa/ para proclamar tu enorme altura/  tu eres Luis Eduardo Aute/ y yo quien te escucha.

     Aplausos de cortesía tras el filme. Penumbra en las sala. Los músicos se van instalando. Emerge una silueta reconocible. Aplausos. Luz de concierto. Arranca una primera canción del último disco. Suena bien. Saludo del cantor en valenciano-catalán. Si ya su voz es en tono quedo, la última sílaba es imperceptible. ¿Qué habrá dicho? Me pregunto, nos preguntamos. Tras la segunda canción los monólogos ya son en español. Pero claro, las últimas sílabas; la misma cosa.

     Un teclado, una chica multifunciones: percusiones, palillos, “juguetes musicales”,segundas voces en momentos puntuales, guitarra extraña; y un guitarra. Total tres músicos jóvenes. El guitarra, Tony Carmona, a la par arreglista y productor rayano en el virtuosismo. En una canción del disco anterior: Atenas en llamas, sin cambiar de guitarra le arranca unos sonidos de la música tradicional griega. ¡Soberbio!

     Siguiendo el protocolo moderno de los conciertos entre canción y canción, diálogo filosófico-cómico. Como novedad además casi todas las canciones incluían una frase o un pensamiento a modo de prólogo o introducción. En un momento pide perdón por cantar las canciones nuevas alegando que quiere que se conozcan, que no las oiremos en la radio y en la televisión.

     El niño que miraba el mar nace a partir de una foto que le hizo su padre en 1945 en el Malecón de Manila, su ciudad natal. Muchos siglos después (según sus propias palabras), su hija le hizo una foto en el Malecón de  La Habana en pose similar. Ella no conocía la existencia de la foto anterior. Pero descubierta ésta, le regalaron (sus hijos) un montaje con ambos individuos. De ahí se suscitó un posible diálogo entre adulto-niño en que el primero le pregunta al segundo si se reconoce en el adulto  que ha llegado a ser. En una de las múltiples entrevistas que le han hecho concluye que al menos la curiosidad ha permanecido invariable.

     Un septuagenario comprometido, curioso, creativo, en aceptable forma, de ademanes tranquilos, voz queda y acariciadora. Anunció que el concierto iba a ser largo y así fue. Hizo dos bloques de bises; en la final del segundo, se quedó solo en el escenario con su guitarra que reservó para ese momento.

   Godella se vistió de gala en lo emotivo. Enhorabuena a los organizadores. No es habitual tener tamaña programación en un pueblo de poco más de 10.000 habitantes. Un tirón de orejas para los rotuladores de las butacas.

      Godella a 19 de Abril de 2013

     Manuel de Français

Javier Krahe

Javier Krahe

KRAHE-1

 Viernes 8 de Junio de 2012 en Valencia. Teatro Olympia 23.00h. A efectos prácticos y por una razón que me pasó desapercibida ésta fue la hora a la que abrieron las puertas. Hubo por consiguiente ocasión de examinar al público que se agolpaba con dulce impaciencia. ¿Educación, globalización? Los “bohemios” allí reunidos no nos diferenciábamos del púbico que acudiera a un concierto de Serrat o de Paco Ibáñez, pongo por caso. La mayoría por encima de los cuarenta aunque alguna excepción  de rabiosa juventud.

A las 23,20 oscuridad en la Sala pero curiosamente una luz blanca sobre el escenario hasta el final del concierto. Bien para los roba-imágenes!. Salen los músicos (dos cuerdas y un viento) cada uno con su vaso y sin solución de continuidad el patriarca con botellitas de agua. Aplauso que se alarga como tras una obra clásica. Krahe agradece, apuntando que adjudica el sobre-aplauso más que al cantante al hereje.

KRAHE-2Suenan los acordes de En la costa Suiza. La voz suena fuerte por efecto de la megafonía pero como en garganta es débil se percibe un tanto distorsionada; quién desconoce la letra debe tener alguna dificultad en seguirla. Pero cuando llega a los vertidos de cobre…que ponen perdidito el mar, uno llega a perdonar las carencias y se deja arrastrar por la sempiterna genialidad de las letras. Las músicas arropan perfectamente y en ocasiones con una megafonía mejor hubieran sido hasta sublimes.

KRAHE-3Entre canción y canción los consabidos pero siempre sorprendentes chascarrillos. Me gustas Democracia porque estás como ausente, claro Neruda no dice nada había advertido, La criptonita, será cosa de la edad, Mariví, canción todavía no grabada así que no os apresuréis a comprarla, había recomendado, o fue Maribel, pero sea como fuere, ¿os acordáis de mi?, continúa la letra de la canción.

A menudo habla de su mujer a la que incluye en sus letras, sus novias de las canciones dice son imaginarias, el güisqui ha sido sustituido por botellitas de agua, en vaso largo eso sí. Esteta hasta el final. El crapulismo decae conforme incrementa la edad y muy a pesar suyo digo yo adquiere el aura de anciano venerable.

Le siguen Vecindario donde ni él ni su vecino consiguen mitigar de su esposa el furor uterino,……….Avelino, así se llama el vecino, Un dos de Mayo particular donde cuando esa fecha llega expulsa a su esposa francesa y francófona pues quiere en su mesa Zarzuelas y garbanzos, chúpate esa…

Antes haciendo un guiño a los antiguos griegos había cantado Conócete a ti mismo, ¿pero en que circunstancia?/ al borde de un abismo?/o de turismo en Francia?/en una cita a ciegas/o en una cata de vinos/anda que no hay bodegas…Siguiendo con los griegos en otro momento nos da lo que yo llamaría La Odisea según Krahe que en verdad se llama Como Ulises.

Siguiendo con las consecuencias post-copula un reencuentro amoroso está a punto de hundir la civilización Eros y la civilización:

..Igual vas y me follas/ como prefiero/ Y me sacas ampollas/ Y algún te quiero/ Y sale uno del bar/ Con su elixir/ que tiene que soltar/ para aplaudir/ Y le siguen los pasos/ los de otros bares/ se rompen muchos vasos/ cientos, millares/ Se llena de cristales/ toda la calle/ Se cortan los chavales/ Se inunda el valle/ Se inunda la nación/ el porvenir/ la civilización/ el buen vivir………………

Un repertorio renovado a lo largo de los años que no ha tenido apenas repercusión sobre los medios; atrás quedaron aquellas jocosas Un burdo rumor, Villatripas de Arriba, Un Santo varón o la versión de l’Orage, La Tormenta de Brassens.

SECUENCIA-KRAHE

A los que lo conocimos en su día, bien vale cada diez años un concierto-recordatorio, a los que no, la ocasión de conocer un individuo absolutamente original, que no se parece a nadie si acaso de lejos a Georges Brassens que no les dejará indiferentes. Pero no se duerman en los laureles, el individuo es casi septuagenario.

 KRAHE-TEATRO-OLYMPIA

Manuel de Français

Paco Ibañez

Paco Ibañez

PacoIbañezGuitarra-pequeno-À cause de certains indices, je craignais qu’il fût un peu abimé. Mais bien que son allure ne soit plus de jeunesse, il semblait être en pleine forme. Pendant trois heures il nous a amusés avec sa présence, sa voix, sa guitare et quelques extras. Il a fait un petit entracte, bien entendu.

Dans un petit théâtre si l’on considère une grande ville comme Barcelona, mais dans un grand théâtre si l’on considère un quartier populaire comme El Poble Nou.

À l’Aliança del Poble Nou, la salle complète environs 800 spectateurs. Quelques minutes après 9 heures du soir, obscurité dans la salle, obscurité sur la scène, soudain un cercle de lumière, et la voix en of, enregistrée de José Agustín Goytisolo, récit son propre poème « En Tiempos de Ignominia ». Applaudissements, et de l’obscurité émerge l’homme, vêtu de noir, les cheveux en désordre longs et argentés et sa sempiternelle guitare à la main.

En hommage aux amis disparus commença-t-il avec Coplas a la muerte de su padre  de Jorge Manrique. Inusuel mais valable. Après vinrent : Ya no hay Locos (il n’y a plus de fous) de León Felipe, Déjame en paz (Laisse moi en paix) de Luis de Góngora, Es amarga la verdad (La vérité est amer) de Francisco de Quevedo. Tous poèmes de grands poètes faits chanson par un chanteur plus proche de l’acception espagnole de « cantor » que « cantante », mais surtout un jongleur, le seul jongleur espagnole de notre âge.

Après El Pastorcico de s. Juan de la Cruz, Une poésie en arabe, une en galicien, une en basque, Me lo decía mi abuelito de J. A. Goytisolo. Si l’on inclue l’espagnole, sur la neuvième chanson, quatre sont les longues dont il a chanté, mais en suit.

Neuvième et dixième poème, de García Lorca,  Córdoba et La Canción del jinete (la chanson du cavalier), il se fit accompagner par un jeune guitariste, un certain Mario.

Ensuite grand romanticisme : Para mi corazón (pour mon cœur) de Pablo Neruda, il se fit accompagner cette fois d’un mûr guitariste argentine et après Amada (Aimée) de César Vallejo, l’argentin mûr reste, et s’incorpore un jeune mélange colombien-et je ne sais qui, qui joue une très petite guitare.

Entracte.

À nouveau l’homme seul avec sa guitare, dédié à des amis de Carcassonne  qui sont dans la salle, inaugure-t-il las deuxième parti avec L’orage de Brassens  en français, et La mauvaise réputation (la mala reputación), aussi de Brassens, mais cette fois en espagnole.

Como tú (comme toi) de León Felipe. On se rend compte surtout ceux qui l’ont suivi dès son mythique  récital à L’Olympia  de paris (1969) que dans ses ans d’argent il a changé légèrement sa façon de chanter. Au temps de jadis quand la chanson atteint son maximum, la voix s’élevait sans stridence, bien sur, mais il ya avait une certaine véhémence. Aujourd’hui, le moment arrivé la voix se rend plus base et surtout plus harmonieuse et c’est tout un spectacle quand le public chante avec lui aussi dan un ton calme.

Cependant tout ne seront pas de fleurs : il a un discours contre la droite et contre « l’american way of live » et pardonnez-moi, un peu vieux d’un jour.

Dix-huitième chanson si l’on comptabilise une sorte de bon anniversaire « antiyankee » vamos a la romería de Garcia Lorca, après : Te recuerdo como eras …. de Pablo Neruda, Romance del conde Niño (anonyme ?) Érase una vez (I était une fois) de J.A. Goytisolo. De J.A. Goytisolo aussi,  sans doute sa grande chanson Palabras Para Julia, Me queda la Palabra de Blas de Otero.

L’homme seul à la chemise noire, pantalon noir, aux cheveux argentés en grand désordre, un pied sur le parquet, l’autre appuyé sur une chaise sa guitare appuyée sur son genou et caressée de ses deux mains fatigué et radieux à la fois nous présente sa dernière création, il a musiqué un poème de Salvador Espriú, le public catalan ravi. Ils sont déjà six langues qu’il a employées.

Quand tout semblait fini, comme un magicien qui fait sortir un lapin d’un haut chapeau, fit sortir de l’ombre madame Marina Rosell. Elle vient de publier un disque de chansons de Moustaki traduites au catalan.

Tous les deux chantent Le métèque en catalan et ensuite une chansonnette en dialecte  de la Toscane. Marina Rosell, disparait et l’homme seul et son public comme une seule voix chantent tous ensembles : A galopar de Rafael Alberti.

Il était minuit, vive le vieux jongleur.

Pour finir la soirée ce chroniqueur qui vous écrit s’est attable avec ses accompagnants devant un « bacallà a la llauna amb mongetes » (Morue au four avec des haricots) arrosé avec une bouteille de cava catalan, évidemment.

Manuel de Français, le 12 Avril 2012.

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