LA SOIREE DES ELECTIONS GENERALES EN ESPAGNE

           LA SOIREE DES ELECTIONS GENERALES EN ESPAGNE

                                                                       À Bicyclette…

     COUPLE-SUR-LA-PLAGE       À bicyclette le jour des élections, quelle joie ! Le jour tombait ; le jour était tombant sur une plage de Valencia. Très près de la capitale. Une plage de la banlieue.  L’homme, sur sa monture, longeait le bord de mer. Là où le sable est mouillé et ferme. Les roues ne s’enfoncent pas comme dans le sable sèche, mais laissent, seulement un instant, le temps d’un soupire, leur trace éphémère.

           Le nombre des baigneurs était depuis une heure en reculade. Les pêcheurs à la ligne prenaient le relais. Ici une famille ramassait ses affaires, là un couple enroulait sa serviette de bain… La brise faisait de son mieux et vainquait sur la force fléchie des rayons de soleil qui résistaient à disparaître. Le cycliste éprouvait son effet bienfaisant qui se manifestait sur sa figure d’un sourire presque idiot. Son esprit s’amusait dans la contemplation des scènes des gens et de leur chorégraphie pour se rhabiller. Mais ce n’étaient que des courtes impressions, des images attrapées au hasard du passage.

           La marée montante formait des petits ruisseaux qu’il fallait esquiver et l’homme sur sa bicyclette se servait de sa meilleure adresse pour se faufiler parmi les lignes des pêcheurs.

COUPLE-SUR-LA-PLAGE           Soudain, un couple attira sur lui une attention plus forte que le reste du décor. Un jeune homme embrassait une jeune fille. Tous les deux restaient debout pendant leur longue embrassade. Lui, le jeune, il était grand et maigre ; elle petite et maigre aussi. Il se coiffait d’une longue queue de cheval, elle des cheveux bruns mi- longs. Il était tout à fait nu, elle à peu près habillée. Une courte jupe et un top qui laissait sa ceinture en plein air. Faut dire que sa ceinture et son ventre seraient en pleine air si elle n’était pas fortement serrée, collée au corps du jeune homme. À four et à mesure que le cycliste s’approchait du couple licencieux, il évaluait qu’étant donné leur différence de stature, le pénis de l’homme serait en intime contact avec le ventre de la jeune fille. Il serait en train de recevoir cette tiède caresse…

           Malgré quelques spectateurs, les jeunes gens continuaient à leur aise. Finalement quand homme et vélo arrivèrent à moins de 10 mètres des exécutants, ils s’écartèrent l’un de l’autre. Le cycliste remarqua que si longue était la queue de derrière, longue était la pièce de devant. Mais il remarqua déçu que, malgré les bontés de la fille, l’homme ne bandait guère. Son instrument de bonheur manquant de force éprouvait celle de la gravité. Il demeurait mou cherchant à se cacher dans le creux que ses jambes flaccides offraient.

          Par ce petit, mais long détail, le cycliste voyeur comprit soudain que la formation mauve n’allait point gagner les élections. À voir les résultats.

 

 

Manuel de Français

LA SOIREE DES INCONTOURNABLES

 

     LA SOIREE DES INCONTOURNABLES

                                                                       Chronique d’un villageois.

PORTE-JARRETELLES-web     Il y a des façons de rire, de rigoler à gorge déployée, en montrant des gencives belles et rosées. Des rigolades contagieuses. C’est la pandémie du bonheur. Celles sont les adresses du maître souriant Jérôme. Il était là. Peut-être, était-il le premier venu pour la simple raison d’avoir le bonheur de donner la bienveillance aux autres, aux Incontournables. Car il ne s’agissait que de cela: un rendez-vous des Incontournables. Il y avait beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. Les huit représentants.

 

 

EVENTAIL-WEB

Isabelle, la créaturequi ne parle pas, mais qui chante joli; en espagnol avec son accent français et en français à la française, avait emmené Vincent, un brave homme qui POT-AU-FEU-WEBsemblait s’amuser. Faut dire que c’est bien difficile de

PASTÈQUE-WEBs’intégrer dans un groupe où l’on est au début le seul étranger, mais il était à la droite du père Jérôme.

 

SOUTIEN-GORGE-WEBPaul, ingénieux, sophistiqué et malin, élégant et flegmatique, jouait son rôle de faux perdant. Pauvre Paul !

 

 

 

 

 

TRIPORTEUR-WEB

POT-A-FLEURS-WEB

 

 

 

 

TAILLE-CRAYON-WEB POELE.-WEB PHONOGRAPHE-WEBQue dire des deux sœurs, toujours spontanées Au-delà d’une certaine ressemblance physique, lorsqu’on commence à les traiter, l’on dirait qu’elles appartiennent à des univers différents, mais plutôt tôt que tard, on remarque qu’elles sont comme en géométrie deux angles dont leur somme fait 90 degrés, c’est-à-dire: complémentaires. Ana et Charo, parfois elles semblent absentes, mais c’est une blague ; elles prennent l’élan pour revenir renouvelées dans la conversation.

Inma, la sempiternelle maîtresse de cérémonie, à l’architectureENCLUME-WEB de sa tête meublée avec proportion et harmonie, était là. Bien qu’elle jouisse des manifestations anarchiques  des camarades, elle essaie toujours de mettre un peu d’ordre. Un petit jeu a été proposé ; elle l’a géré…

Il y avait aussi un certain Manuel surnommé : de Français, qui s’occupait, tout le temps, de casser les pieds des autres quand ils quittaient Molière pour embrasser Cervantès.

Les 8 piliers du temple de la francophonie à Valencia. Quelle émerveille!

Le bistrot était charmant mais bruyant. Il était samedi soir et c’était l’heure du coup de feu. Pour amuser l’attente, les garçons ne s¡approchaient guère, Manuel distribua des cartes. Paul, te souviens-tu de Claudette ? Inma gérait, la française aidait pour les définitions. Le même jeu est proposé pour les camarades absents. Patientez, à la fin vous aurez plus de données.

La formule du menu de nuit se composait : d’une entrée au choix parmi quatre ou cinq, un plat au choix aussi, et un dessert. Les bouteilles de vin, hors du menu,  un Verdejo frais et légèrement onctueux, versé dans des verres, au cristal d’une finesse musicale sublime, furent la compagnie adéquate à ce petit hommage. Parmi les entrés à détacher un poulpe délicat sur un lit de all i oli de pommes de terre. Parmi les plats, les troncs de thon bardés d’algues et garnis de légumes en tempura. Une trouvaille!

Parlant de trouvailles, il y eut aussi deux trouvailles lexicales. Je vous prends sermon de ne les utiliser jamais dans un cours réglé ni dans un examen: dominiques et minique. Les traductions presque littérales de l’Espagnol au français sont souvent savoureuses.

Pour le restant, quoi ajouter? C’est impossible de contenir autant de rigolades, blagues, charmes… dans un petit récit. Les Incontournables restèrent irréductibles jusqu’à la fermeture du bistrot. Après, la plupart des jeunes gens allèrent prendre un verre. La maîtresse de cérémonie et le chroniqueur prirent congé. Il n’y a pas couverture de ce dernier pot. Excellente soirée, paraphrasant Jérôme, remarquable en dépit de quelques absences.

JUEGO-FIN-DE-CURSO-web

 

Manuel de Français.

 

            Aventures et mésaventures d’un villageois.

L’homme marchait guilleret, l’œil toujours polisson. Il était sorti de très bonne heure de chez-soi. Mais comme au principe de la Promenade de l’Albereda, à ce qu’il ressemble, il ‘y avait pas mal d’événements, la foule occupait les rues qui convergent sur la grande voie; des troupes qui jouaient du tambour… Bref, impossible de trouver une place pour parquer la voiture, une vieille bagnole qu’on lui avait offerte pour la sauver du démontage de véhicules. Pris de trac de n’arriver en retard, il gara la voiture dans un parking. «Jolie façon de commencer la soirée», raisonna-t-il.

Maintenant il marchait. Il gagna la Promenade au numéro 9. Le rendez-vous était au numéro 41. Un peu de sport pour stimuler l’appétit, pas de problème. Tel était le fil de sa pensée. Il se voyait villageois dans la ville,  au même titre qu’il se voyait provincial à Madrid ou à Paris. Pour lui, selon ses souvenirs, il n’y avait plus Promenade de l’Albereda  que la vielle zone d’antan. Il ne songeait guère à l’extension de la Promenade; il ne songeait guère à la Avenue de France; il ne songeait non plus au Palotet.

Son allégresse tombait à four et à mesure que les minutes tombaient sans pitié. Chaque bâtiment était grand comme un palais, d’abord les casernes militaires, après les grands édifices modernes… En plus, il n’y a constructions que sur la marge gauche de la Promenade; de l’autre bord c’est le lit du fleuve sèche qui baignait autrefois la ville. Il marchait depuis un quart d’heure et il n’avait atteint que le numéro 29.

«On y est, mon vieux» s’encouragea-t-il sans conviction. Mais deux grands ronds-points plus vastes, chacun, qu’un stade de sports, étaient la piège que le parcours lui avait encore réservé. Lui qui était sorti frais comme une rose, arriva trempé avec une demie heure de retard. Ses camarades l’accueillirent, néanmoins, gentiment. Lui, embrassa les femmes, serra les mains des hommes et s’assit. Une dame arriva quelques minutes après. Ils étaient attablés tous les huit jeunes gens.

Après la dînette, la dame nommé,  déposa notre homme aux environs du parking. Il fut bien heureux au début, car il craignait de ne pas le trouver. Le souterrain était grand comme un terrain de foot souterrain. L’homme démarra la voiture, non sans vacarme. Il se souvenait que le tuyau d´échappement était légèrement détaché… Quelqu’un a dit légèrement? En passant sur un ralentisseur la voiturette fit un bond. Le pot d’échappement demeurait sur terre au-dessous du véhicule. Impossible de continuer comme ça! Il fallait garer à nouveau la voiture. Sur cette zone, toutes les places étaient pour les abonnés. Finalement, il trouva une, très étroite entre deux piliers.

Il faisait grand nuit, mais il était presque deux heures du matin. Les esprits simples, face à l’adversité, ont,  néanmoins, une ressource élémentaire. «Demain sera un autre jour, et s’il y a une autre chute, ce sera encore à nous de décider». Et d’un air grognon, il abandonna le parking et s’enfonça dans la nuit. Un taxi, véhicule de prestige pour les villageois, le rendit chez-soi.

Le lendemain, dimanche, une température douce sans excès, idéale pour les loisirs. ce fut question d’assurances, de dépanneuse et choses de cet ordre.

Le bistrot était assez bon marché, mais l’addition finale comme chez El Bulli. Néanmoins, ce fut une excellente soirée. Oui, une excellente soirée.

 

Manuel de Français

Paco Ibáñez à l’Olympia (de Valencia). Mayo de 2016

Paco Ibáñez à l’Olympia (de Valencia). Mayo de 2016

           

 PACO-IBAÑEZ-À-L'OLYMPIA-(DE-VALENCIA)-0           Los horarios de inspiración europea parece haberse instalado ya a perpetuidad en nuestro globalizado país, incluso en la libertina Valencia tan trasnochadora, según fama. Entrar a las ocho de la tarde en un teatro, con la estación primaveral bien adelantada, en la luminosa ciudad, produce una sensación inquietante, como de no haber concluido el ciclo del día. El fan entregado  transita del sol, aunque oblicuo, siempre poderoso, a la penumbra rojiza sin más transición que la del vestíbulo de entrada.

     “Al menos es un teatro”, razona nuestro corifeo. Hay una tendencia denigrante a programar actuaciones de artistas melódicos en pabellones de deportes y otros locales impropios. Aprobado el local, no quedaba sino comprobar el vaticinio apriorístico. No defraudó: algún exjefe de estudios, viejos estudiantes, el abanderado de la ciudad anfitriona…; reductos de la gauche divine.

(ESTE ARTICULO SE ESTA ESCRIBIENDO, AUNQUE INCONCLUSO, SE HA DECIDIDO DAR ESTE ADELANTO)

TAMBIEN DECIDIMOS RETIRARNOS A DESCANSAR, ACASO TRAS EL REPOSO VUUELVA LA INSPIRACION.

NOUS AURONS TOUJOURS PARIS.

            NOUS AURONS TOUJOURS PARIS.

                                                                                          Un sonnet me demande Violante…

     BIENVENIDOS-A-LA-NAVE-DEL-MISTERIO  L’avionnette est sur le petit aéroport. Rick a décidé qu’elle partira avec le garçon blond; lui, il restera avec le vieux policier. Elle, Ilsa, regrette: «Est-ce que notre amour, ça n’importe pas? «Nous aurons toujours Paris» -répond Rick (Humphry Bogart).

        Bien sûr, quand Bogart énonce la sentence magique, il n’invente pas le concept; l’idée de Paris. Voyons :

     Lorsqu’on visite les cimetières de Paris, à savoir: Père Lachaise, Montmartre, Montparnasse et d’autres, on apprend qu’ils appartiennent au patrimoine parisien. Et cette appartenance n’est pas due à un pur hasard. C’est parce que sous ses pierres tombales demeurent pas mal d’illustres personnages.

 7-QUAI-MALAQUAIS-ECOLE-SUP-B-A-LAPIZ     En effet, dans le dix-neuvième, aussi avant et dans la première partie du vingtième, tout le monde qui se prenait pour quelqu’un convoitait d’ habiter Paris. Et les autres, pour devenir quelqu’un. Comme le personnage de Vargas Llosa, un homme gris qui n’avait qu’une seule ambition; habiter, lui aussi, Paris.

     Paris comme symbole, comme lieu commun; comme… Si je suis affamé et j’apprends que dans un endroit l’on mange avec délectation, j’ai deux chemins: le premier, au négatif, maudire ces sacrés gourmets; le deuxième, au positif, rêver de sa fameuse cuisine. En plus: si je manque de liberté, si je suis entouré de médiocrité, si je souffre persécution pour cause de mes amours imprudents, si je crève d’ennui, si le décor de ma vie me semble fade… Si tout cela m’arrive, si tout cela nous arrive, il y a un imaginaire collectif de: haute cuisine, luxe, liberté, mœurs relaxées, débauche, sublimation des sens, arts… Bref, Paris sera toujours Paris, chantait Maurice Chevalier.

LE-PONT-DES-ARTS-L'INSTITUT-DE-FRANCE-LAPIZ     De nos jours, alors que les libertés individuelles fléchissent de plus en plus; que sur les aéroports on nous fouille, dans les poches et dans l’âme; que l’excellence n’est plus tendance; que la pauvreté d’esprit semble s’installer à toujours… Aujourd’hui, plus que jamais, l’évocation de la ville magique, comme hémisphère où tout est possible, reste nécessaire.

    5-ESCALINATA-LAOIZ-2 Les ennemis de la convivialité l’ont bien compris. Ils ont voulu, et ils ont réussi à attaquer le symbole. Ils ont attaqué la salle Bataclan dans le cœur de Paris. Cette attaque contre le plus précieux, la vie, est par extension une attaque contre le second le plus précieux: la liberté.

    3-LE-PONT-LE-MUSÉ-DU-LOUVRE-LAPIZ-2 Le plus insultant contre l’intolérance est, paraît-il, la jouissance dans tous ses états. Quand l’homme s’amuse, quand il est détendu, quand il s’abandonne aux loisirs, il n’est pas sur ses gardes; c’est le moment de l’attaquer. En plus, si on attaque le loisir, on attaque les fondations de la liberté. Paris, symbole de tous ces charmes a souffert une attaque féroce, brutale. Le lendemain, la vie marchait au ralenti. On sentait la tristesse sur ses façades. Mais petit à petit, comme toujours, elle renaissait de ses cendres, ses rues se remplirent du parfum délicieux de la liberté. Par conséquent:

      Nous aurons toujours Paris!

       Manuel de Français

 

UN HOMENAJE. UN HOMMAGE.

  HOMENAJE-0          UN HOMENAJE. UN HOMMAGE

 

            Un padre y un hijo, por esos avatares de la vida, van a cenar solos. Sus chicas los han dejado ¿cautelarmente? El caso es que no están y han de cenar solos. ¡Pobrecitos! En un intento de suplir tan dolorosa ausencia, aunque quizás no sea por eso, hay vino. Buen vino. ¡Muy buen vino!

El padre, de una edad… Digámoslo de otra manera: el hijo, adolescente, es más joven que el vino y el vino es más joven que el padre. Un Gran Resera…, el vino, aunque el padre quizás también. Pero a lo que importa: el progenitor hunde la punta acerada del sacacorchos en el corcho. Antes ha cortado la cápsula, como es menester. Con el sacacorchos comete un error: tras haber sepultado la parte conveniente del tornillo, comienza a extraer, de forma distraída, mirando al vacío y accionando las palancas; el sacacorchos es de los de mariposa. Cuando vuelve del HOMENAJE-1vacío, se percata de que el corcho, veinteañero, se desintegra. No tiene la suficiente consistencia para sacarlo de una pieza. Una siembra de corcho se derrama sobre la mesa. Pero está seco; subyace una confianza razonable de que el vino estará bien conservado. Pero hay que usar otra herramienta. En el cajón de primeros auxilios localiza el sacacorchos de láminas. Hunde primero la lámina más larga entre el corcho y el gollete de la botella y luego hace lo propio con la lámina corta. HOMENAJE-2Gira con cuidado y consigue sacar el corcho  erosionado. Sin embargo, concesión a la fatalidad, no pocas partículas del mismo han caído sobre el caldo añejo. Hay que filtrarlo, consiguiendo con esta decantación una aireación no prevista pero sí muy conveniente.

Al trasluz, en la jarra de decantación, se adivina su color rubí, caoba y lo que ustedes quieran. Él es un catador plebeyo y no advierte reminiscencias…, pero sí tránsito aterciopelado y sabor a madera y a Rioja, que es a lo que debe saber. El hijo, sorprendido por el servicio en jarra quiere oler y huele y asiente: no huele mal.

—Prueba —ofrece el padre.

El chico prueba y concluye que se deja beber, pero vuelve a su Aquarius de limón. La carne está muy bien asada. Por su espesor se escapa de la designación de filete sin llegar a la de entrecote. Unos cristales de sal gruesa, caídos con parquedad, unidos a un rocío de aceite de oliva virgen han entrado en colaboración con los jugos de la ternera, sublimando cada bocado que se hace exquisito alternado con someras libaciones del vino decantado.

HOMENAJE-3En tal estado de éxtasis, sin una razón aparente, se abrieron paso los versos de la canción de Serge Reggiani:

Mon petit enfant

 

Ce soir mon petit garçon mon enfant mon amour

Il pleut sur la maison mon garçon, mon amour

Comme tu lui ressembles

On reste tous les deux

On va bien jouer ensemble

On est là tous les deux seuls

Ce soir elle ne rentre pas, je n’sais plus, je n’sais pas

Elle écrira demain peut-être nous aurons une lettre

Il pleut sur le jardin

Je vais faire du feu

Je n’ai pas de chagrin

On est là tous les deux, seuls

Y otra :

Les Mensonges d’un père à son fils

Tu verras

Les amis ne meurent pas

Les enfants ne vous quittent pas

Les femmes ne s’en vont pas.

HOMENAJE-4El vino era excelente.

 

Manuel de Français

SOBRE CUADERNOS CIBERNETICOS Y BITACORAS (VULGO BLOGS)

            SOBRE CUADERNOS CIBERNETICOS Y BITACORAS (VULGO BLOGS)

 

           HOMBRE-MARRON-DE-ESPALDAS-BN-WEB Hace ya cinco años que escribo en un blog, el mío, que lo es de opinión y también, según mis pretensiones, literario. Soy consciente de que rara vez me ocupo de esa entelequia que se conoce bajo el epígrafe de “la Actualidad”, salvo cuando se trata de algún obituario escogido y sentido. A veces he temido seguir la senda de la esquela; esto último es bien raro, pues la muerte, para mí, nunca ha sido uno de esos temas recurrentes, ni siquiera durante la adolescencia. Soy por tanto a mi vez consciente de que he crecido, madurado, más bien macerado, con esa carencia.

      Lo que escribo, en mi opinión, pues de eso se trata, es bastante interesante y la forma, el enfoque y las maneras, asaz adecuados. “Asaz”, esa es otra de mis constantes: intercalar algún vocablo arcaico o cultismo trasnochado que considero de buen tino, pero que, a buen seguro, provocan más de una estampida. Si lo hago, créanme, no es impostura, ni por el contrario postura; o en el mejor de los casos, premeditación… Brota y una vez brotado medito. Y tras meditarlo colijo que corregirlo sí que sería artificio. Bueno, digamos que estamos en equilibrio: de momento dos a dos. Si en el “haber”, según mi criterio, claro, apunto: Interés del tema y solvencia narrativa; en el “debe” destaco: salpimentado de arcaísmos y ausencia de propósito de enmienda.

      Estando salpicado de tales cualidades, en positivo y en negativo, aquí sí que acudo a lo coloquial: ¡no me lee ni el tato!

    HOMBRE-MARRON-DE-FRENTE-BN-WEB ¿Por qué?, me pregunto. Añado otra perla: Mis artículos, visualmente, en cuanto a dibujos y fotografías, son asaz…, bueno, digamos bastante atractivos. Por ello, todavía me pregunto más, ¿por qué?

     Es cierto, que el mundo cibernético, el de internet, es el mundo de las prisas, de lo compulsivo, de echar una ojeada en diagonal y evolucionar sin pausa a una nueva búsqueda tras el primer síntoma de rechazo. Y mis disertaciones, sin ser de gran profundidad, pues me muevo en un nivel relajado, ligeramente frívolo, precisan de la paciencia de querer recorrer un sendero suave; el de la introducción, quizás un poco largo…

     Tengo también muy en cuenta el tema de la publicidad, no me publicito en ningún sitio ni pertenezco a ninguna de esas hermandades de “blogueros”  Si alguien encuentra algo mío, es por puro azar, salvo…

    Hay un ámbito en el que sí que ejerzo una cierta persuasión; amigos familiares y conocidos. Trato de ser liviano, esto es; no ser pesado, pero nunca se sabe. El caso es que cuando invito a un grupo a leer alguna novedad que acabo de publicar, de entre todos ellos, un número indeterminado me lee. Y entre estos últimos, un porcentaje, que no se valorar, espontáneamente, me manifiestan su entusiasmo o me dan la enhorabuena; escasamente escriben un comentario. Y de lo anterior, me nace una nueva inquietud: ¿por qué no engancho? ¿Por qué no fidelizo a un pequeño grupo de estos potenciales lectores? ¿Por qué no soy capaz de suscitar que un número “n” de ellos, por curiosidad, o por aburrimiento, se acerquen, a pesar de los múltiples otros estímulos y ocupaciones mil, a transitar de motu propio por mis páginas cibernéticas?

     Sé que la pretensión es grande, aunque no sufro más de lo razonable por ello, pero a menudo veo, con sana envidia, o con envidia envidiosa, como otros entusiastas redactores de bitácoras reciben de ordinario comentarios de sus artículos…

     Recientemente, con motivo de un concurso literario, algo curioso y presencial en el que participé he conocido personalmente a unos poquitos “blogueros”, y por una carambola, he sabido también de su afición a la escritura cibernética de algún conocido cuya realidad sin embargo desconocía.

     Por cortesía al principio, por interés después, he buceado a pulmón por sus bitácoras y creo haber dado con una pista importante.

     Hago un inciso previo. En mis escritos, aunque el cometario es siempre harto personal, enjuiciado con educación y decoro, procuro siempre dar un toque un tanto impersonal, pues lo importante, a mi modo de ver, es lo que cuento y cómo lo cuento; lo importante es lo que puedo transmitir, no lo que hago, ni lo que soy.

      HOMBRE-MARRON-DE-ESPALDAS-webAhí radica, no mi error, pero sí tal vez mi carencia. He observado y leído atónito cómo, en un gran porcentaje, el tema, el sujeto de exposición es el propio sujeto. La historia a transmitir no es una ficción nacida de su creatividad; no es narrar las aventuras de dos amantes que se dan cita en la Gare de Lyon para… ¡No! Es la ficción de su propia vida, de lo que hacen cuando se levantan; aun si tienen veleidades literarias dicen sobre lo que piensan que pueden escribir, de los retos que se marcan, de las palabras que han conseguido escribir en un día o en una semana. La experiencia personal no la usan como pretexto o como hilo conductor para extrapolar o como punto de partida. ¡No!, Es un fin en sí mismo.

     En ese terreno no puedo competir. Airear mis pensamiento, mis opiniones, lo veo factible; siempre puedo ponerlas en boca de una tercera persona. Pero relatar mi día a día, creo que decepcionaría todavía más. Repito, no puedo competir.

     Perdonen, por una vez, mi tono lánguido que sabe a despedida.

      El Morocho del Abasto

SOBRE LOS MICRORRELATOS, AUTORES Y LECTORES (REFLEXIONES TRAS EL I MARATON DE MICRORRELATOS VALENCIA ESCRIBE)

            SOBRE LOS MICRORRELATOS, AUTORES Y LECTORES

(REFLEXIONES TRAS EL I MARATON DE MICRORRELATOS VALENCIA ESCRIBE)

 

      3-BLAYET3-WEB.jpg      El Microrrelato, he de reconocer que deja un tanto desconcertado tanto al autor como al lector la primera vez que se enfrentan a él. Precisa de un tiempo de aprendizaje, de adaptación. Como el niño pequeño o el hombre salvaje cuando empieza a enfrentarse a los cubiertos. Más tarde, dominada la técnica, se halla gran placer en su uso. Íntimamente, considero que es una pequeña perversión, casi un fraude. Pero que quieren que les diga, se le ha elevado a la categoría de género literario y no voy a ser yo más papista que el Papa. Por cierto, he de investigar si ésta última sentencia está bien traída a este ejemplo.

Mi desazón pretérita con el género residía en que con tanta brevedad, habitualmente el relato micro está limitado a cien palabras, veía imposible contar una historia. Porque para quien les escribe, la praxis literaria consiste en contar historias. Sé que hay otras maneras de escribir y también son acogidas bajo el manto, flexible a rabiar, de la literatura.

Dicho lo anterior, no reniego de él. Para un individuo, que tiende a excesivo, fue y es un ejercicio maravilloso de contención. No estoy en total acuerdo con la idea generalizada de que es la búsqueda de lo esencial. Pero tampoco en total desacuerdo. Lo esencial, siendo importante, para que halague a los sentidos, debe de acompañarse de alguna pincelada de superfluo; así consideran algunos teóricos al adjetivo y al adverbio. Del mismo modo que un regalo práctico es útil y se agradece, un regalo absolutamente superfluo halaga los sentidos. Pienso en una flor.

Así, un microrrelato, salpimentado con un adjetivo oportuno o un adverbio terminado en mente, añaden un matiz interesante. Tras un tiempo, he de reconocer que me encuentro cómodo con el género y casi lo he rehabilitado apeándolo del tratamiento de fraude. Será que con los años algunos nos ablandamos.

A continuación, transcribo los cinco microrrelatos que tuve la ocasión de componer para la I MARATON DE MICRORRELATOS VALENCIA ESCRIBE en Massalfassar. Más que transcribir, lo que hago es reescribirlos a partir de los borradores, pues los originales fueron lógicamente entregados y en muchas ocasiones modificaba sobre la marcha y en directo al escribir sobre la planilla de entrega. Respondo así a algunas personas queridas que con gran cariño han manifestado su interés en leerme

 

L'ECRITURE-PAR-EL-RAYOQUNOCESA

 

            1. MILAGRO POR NAVIDAD

(En negrilla la frase obligatoria de inicio del microrrelato)


Estaba perdidamente enamorado de ella. Aun así la citó en aquella cafetería del centro. Era Navidad. Le dolía enormemente, pero tenía que cortar con ella. Hacía más de un año que no yacían. Ella entró con su impermeable amarillo derramando lisura.

—Estoy embarazada —le espetó a bocajarro.

Él creyó tener la excusa adecuada. Su mirada deambuló por la sala y se detuvo en el nacimiento que la adornaba. Al reparar en el carpintero barbudo, esbozó una sonrisa.

—Si es niño —respondió—, le llamaremos José, si te parce bien.

 

 

            2. CALCETINES DESPAREJADOS

(En negrilla la frase obligatoria de FINAL del microrrelato)

             Cualquiera que lo lea convendrá conmigo que el primer dilema matutino para un hombre es escoger el calcetín adecuado. En verano no hay problema; uno se calza las sandalias y a correr.

Para un hombre de corte clásico, ello plantea un problema; todos son oscuros, negros o azules. La luz en el armario es escasa. Merced a mi tendencia al desorden, todos yacen en un totum revolutum en el cajón calcetero.

Tras mucho pensar en la solución, he decidido coger dos al azar; nunca sé el resultado final, no sé si estarán emparejados, pero les digo lo siguiente: ¡Que sea lo que Dios quiera!

 

            3. MIRÓN

(En negrilla dos palabras obligatorias en el microrrelato)

             Desde su ventana veía la vida pasar. Apoyado sobre el alfeizar, su vista lo examinaba todo. Las muchachas pasaban con carpetas bajo el brazo. Algunas lucían tacón alto. Una de ellas, por un azar venturoso, se detuvo ante la frutería. Ella se dio cuenta, quizás antes que él, ¿o no? No importa, sobre el montón de naranjas destacaba una única mandarina.

Ella la tomó con dos dedos, la contempló, la llevó a sus labios y la besó. «Quien fuera mandarina», pensó el voyeur. Acto seguido, la joven le arrancó el pedúnculo. La izó y estrujándola dejó que el jugo se derramara sobre su boca ansiosa. «¡Ay!», se dolió el mirón.

 

 

4. EL FALLO

(Para la composición de este microrrelato había que inspirarse en el jurado presente sobre el escenario del salón)

             ¡Sin piedad! Este epíteto acompaña siempre al jurado. En éste caso no son doce ni siete, sino seis. Y no todos hombres; hay paridad. Parecen ligeramente alegres; el sopor aún no les ha invadido. De ello, gran culpa la tiene el maestro de ceremonias. Les ameniza con sus chanzas

.           De repente, sin despedirse, deduzco, los abandona. Ahora empieza lo serio. Se les ve concentrados. Los miro y tiemblo, presagio el final. Transcribo mis temores: El fallo está pendiente de audiencia. El jurado ya ha fallado. No me han premiado. Se dirán: «A conciencia hemos votado». Pensaré: «han fallado a conciencia».

 

            5. CRONÓMETRO, FINAL DEL CONCUSO

            (Es la gran final de la maratón. Aquí el tiempo es de 15 minutos y la longitud máxima es de 50 palabras. Debe de empezar obligatoriamente por la frase en negrilla).

             Quedan quince minutos, cuarenta y cinco segundos y tres milésimas. Despreciamos las milésimas y los segundos. Nos quedan quince minutos. Lástima, mi padre ya se fue y no podrá presumir de mí. Mi madre le sobrevive. Quedan tan solo diez y he de resolverlo. Cinco minutos, he de concluir con algo ingenioso. Y concluyo: Hasta aquí llegó este pobre escribidor.

 

El Morocho del Abasto

LA CHANSON FRANÇAISE (II)

LA CHANSON FRANÇAISE  (II)

Le Regard d’un Méridional.

 

ARISTIDE BRUANT-PAR LAUTRECAristide Bruant (1851-1925)

Chansonnier et écrivain français né dans une famille bourgeoise. Enfance et adolescence solide formation surtout en latin et grec. À l’âge de 16 ans il doit quitter le collège à cause de revers de fortune de la famille.

Mais, il se passionne de l’argot; étudie l’argot. C’est alors qu’il utilise la langue colorée de de la rue, la langue du peuple, puis il prend aussi sa pensée; sa voie est trouvée.

Il a son grand succès au Chat Noir, un fameux cabaret de Montmartre, mais le patron ne le payait pas, alors il ouvre son propre cabaret avec 1000 francs, le prête d’un admirateur.

Sa façon de s’habiller: cape noire, cache-nez rouge, culotte enfoncée dans des grosses bottes et feutre noir à larges bords le rendent populaire, surtout après l’affiche de son ami Henri de Toulouse Lautrec. Ce sont aussi ces petits tableaux qui rendent célèbre au peintre.

Maurice Chevalier (1888 – 1972)A-MAURICE-CHEVALIER

Acteur, chanteur, écrivain et parolier français. Il eut un faible début aux cafés concerts avant la Grande Guerre. Après, La Mistinguett le découvre et fait de lui son partenaire. Il devient le dandy frivole qui maintient un certain accent canaille et suburbain. Dans les années 30, il commence une carrière cinématographique à Hollywood. Après la deuxième guerre, il est soupçonné de collaborationniste, mais il est rapidement restitué.

L’image qui restera toujours c’est le canotier à la tête, la canne à la main et le sourire à la bouche.

B-FERNANDELFernandel (1903 – 1977)

Acteur, humoriste, chanteur et réalisateur français.

Issu du Music-Hall, il fut l’un des plus grands du cinéma français. Avec cette expression faciale, il est évident qu’il ne pouvait que faire du comique. Il acquit la gloire surtout lorsqu’il interpréta don Camilo, le curé toujours en querelle avec son ami le maire communiste don Pepone.

Comme chansonnier il eut un grand succès. Je voudrais vous réciter quelques vers de son tube Félicie aussi :

C’était au Bois de Boulogne / que j’ai rencontré Félicie

Elle venait de la Bourgogne / moi je venais en taxi…

 

Charles Trenet (1913 – 2001)trenet_charles

Considéré le père de la chanson française moderne, il chantait tout sous un air de légèreté, comme un Pierrot illuminé. Sa chanson « la mer », écrite dans un train de Montpellier à Perpignan,  peut être considérée l’une des premières chansons appartenant au genre Chanson française moderne. Douce France c’est autre de ses grands tubes.

 

H-GEORGES-BRASSENSGeorges Brassens (Sète 1921 – 1981)

Le grand timide de la chanson, sans doute le plus poète de tous, avec la permission de Léo Ferré. Outre que ses propres compositions il a chanté François Villon, Hugo, Verlaine, Aragon et d’

autres. Il a eu toujours une tendre «mauvaise réputation» comme sa chanson homonyme. En Espagne, cette chanson, pour des jeunes d’une certaine génération, est devenu célèbre grâce à Paco Ibáñez.

G-JACQUES-BRELJacques Brel (1929 – 1978)

Que dire de Jacques Brel, le beau garçon belge? Il est connu dans le monde entier par son «Ne me quitte pas», la plus belle chanson d’amour jamais écrite. Peut-être un peu exagéré, mais mon Dieu, qu’elle est belle. J’ai entendu sur un chanel de You Tube, un entretien à la Télé française avec le président Mitterrand pour parler en exclusivité de Jacques Brel et de son dernier album. Amen.

 

CHARLES-AZNAVOURCharles Aznavour (Paris 1924 – )

Comme longève,  (longevo) n’existe pas en français et dire d’une grande longévité est un peu pompeux, je dirais le diplodocus de la chanson française. Ici, j’aurais besoin de toute la conférence pour en parler. Alors je n’ajoute rien; regardez tout simplement ce visage, souriant, ironique, plein de dignité aussi orgueilleux, fier et certainement  un peu vaniteux, car il y a des artistes immenses qui peuvent se permettre ces velléités

 

barbaraBarbara (1930-1997)

La Dame Brune. Une poésie engagée, vibrante, chanté presque toujours sur des mélodies de piano qu’elle même jouait. Elle a chanté Brassens  et Brel et surtout une délicieuse La Dame Brune, paroles et musique de Georges Moustaki, chantée à duo avec lui. Je vous encourage à voir cette vidéo, où l’on voit le donjon calme, méditerranéen et impassible de Moustaki et une dame brune, elle, qui transpire, je dirai de l’amour par tous ses pores, qui s’avance vers lui dans un parcours qui ne s’achève jamais.

F-JULIETTE-GRÉCOJuliette Gréco (1927-

Tendre et dure histoire, comme il y en a d’autres : Une fille arrive seule à Paris ayant pour tout bagage un billet de train et une adresse. Par ces choses de la vie, suivant des cours d’art, elle côtoie  d’autre jeunes fous comme elle lesquels, dans une cave voutée  à Saint Germain-des-Près,  dansaient, faisaient de la musique et parlaient philosophie. Jean Paul Sartre, malgré ses dioptries, la remarqua et fit d’elle la muse de leur groupe : les existentialistes. Il lui proposa de se dédier à la chanson, mais comme elle répondit que ce qu’elle écoutait à la radio ne lui plaisait pas, Sartre lui fournit quelques paroles. Un ami compositeur écrivit la musique. Et comme ça, tout simplement el débuta à Saint Germain.

Gilbert_BecaudGilbert Bécaud (1927 – 2001)

Surnommé, comme vous le savez Monsieur 100.000 Volts. Élégance d’habit, toujours une cravate à pois, élégance sur scène ; voix puissante, imposante carrure.

Quelques de ses chansons restent comme le grand bagage sentimental de plusieurs générations : « El maintenant, l’important c’est la rose, Nathalie, Dimanche à Orly… »

 

 

D-EDITH-PIAFÉdit Piaf (1915-1963)

Surnommée à ses débuts la môme. Née sur les marches d’un immeuble à Paris, dans le plus grand dénuement : sa voix, plus tard bouleversa le monde.

Parler de la voix de la Piaf, c’est parler de choses insaisissables, bien qu’elle a une voix saisissante, frappante. Si l’on ajoute grave, ce n’est pas encore tout dit. Il faut parler aussi de timbre, couleur et de palette. Mais laissons ces choses pour les spécialistes. Restons avec sa Vie en Rose et surtout avec Non, je ne regrette rien.

 

E-YVES-MONTANDYves Montand (1921-1991)

La France a failli d’avoir un président chanteur-acteur. D’après l’exemple de Ronald Reagan, les choses se sont, peut-être, bien passées comme ça.

Si la Piaf est la chanteuse Parisienne, le modèle, sans doute, vous permettrez que j’ose dire que ce chanteur français, né italien, est la voix de la France, la voix masculine et que Charles Trenet me pardonne. Évidemment, le pauvre ne peut rien dire. Écoutez, si possible, La bicyclette et les Feuilles mortes.

 

I-LÉO-FERRÉLéo Ferré (1916-1993)

Auteur-compositeur-interprète et poète. On pourrait le considérer le chanteur Rive-Gauche par excellence.

Il chante sans honte, sans fard :

J’habite à Saint-Germain-des Prés

Et chaque soir,  j’ai des rendez-vous Avec Verlaine.

 

GEORGES-MOUSTAKIGeorges Moustaki (1934-2013)

Barbu, voleur de jardins

Découvreur de fleurs qui n’avaient pas de nom,

Traitre de sa liberté

Surveillé par sa belle geôlière

 

Tu t’en es allé comme tu es venu

Sur la mer de Nice

Qui baigne aussi l’Alexandrie

Et Sète où repose le grand fou

Qui porte le même prénom que vous

 

Manuel de Français

LA CHANSON FRANÇAISE (I)

LA CHANSON FRANÇAISE  (I)

Le Regard d’un Méridional.

LA-CHANSON-FRANÇAISE-WEB

(Extrait de la conférence offerte, en petit comité, par Manuel de Français dans l’École de Langues de Valencia le 19 Janvier 2016). (Première Partie)

 

trenet_charlesPour mieux comprendre le phénomène de la chanson française moderne, il faut que je vous parle d’abord d’un certain Charles Trenet surnommé le fou chantant. Il est en grande tournée en Amérique. Il se produit sur la scène dans les grands cabarets New Yorkais, puis au Canada et en Amérique latine. En 1946, à la fin de l’année, il est sur l’aéroport de Rio de Janeiro. Il doit s’envoler pour New York. Soudain, il entend annoncer un vol pour Paris. Pris de la nostalgie, il s’embarque et c’est dans l’avion qu’il compose Revoir Paris.

Avec votre complicité on va donner un saut de géant en arrière jusqu’au moyen âge. Nous voilà au moyen âge ; c’est beau ici, n’est-ce pas ? C’est l’âge de la peste et de la religion absolutiste. Mais c’est aussi l’âge des troubadours et des jongleurs. La poésie était chantée et la chanson était poésie. La différence entre troubadour et jongleur c’est que le premier est un auteur compositeur, et le deuxième exécute les œuvres du troubadour. Mais un jongleur s’il possède du talent pour la création peut devenir aussi troubadour. Et un troubadour pourrait interpréter aussi ses propres œuvres. Les uns comme les autres sont les inspirateurs de l’amour courtois, de la fine d’amour. On chantait l’amour mais on chantait aussi les gestes guerrières des rois.

Le jongleur s’accompagnait de différents instruments :

-De vent : flûtes, cornes (mal vues par l’église, à cause de la transfiguration du visage du musicien…)

-D’archet : la vièle, la lyre.

Musique et poésie, poésie et chant allaient de la main. Et cette cohabitation a durée quelques siècles.

À la fin du XVème qui marque la fin du moyen  âge et le début de la renaissance, avec l’arrivée de François Villon, à la vie absolument bouleversée, et d’autres se développe ce qu’on dénomme la poésie savante ; la poésie se libère de la musique pour se concentrer dans la beauté des mots mais aussi la chanson se libère des structures rigides de la poésie lyrique. La poésie devient de l’haute culture et la chanson chose populaire. Mais cette dissociation de la poésie lyrique et la musique ne se produit pas soudain.

Encore une fois avec votre complicité on donne un saut en avance jusqu’à la fin du XVIIIème. Sous les arcades du Palais Royal à Paris s’ouvrent des cafés où s’engagent des chantants et des musiciens pour des courtes interventions. Ils constituent le germe de ce qu’on appellera les cafés-concerts. Mais un décret de Napoléon I de 1807 supprime toutes ces velléités et ferme aussi grand nombre de théâtres.

Mais dans la deuxième moitié du XIXème se produisent les circonstances favorables et des nombreux cafés-concerts  s’ouvrent par toute la France. Seulement à Paris on compte plus de mille de ces locaux. Le café concert est un établissement qui réunit un public qui paie en consommations le plaisir d’entendre des chansonnettes, des romances, même des morceaux d’opéra. On jouit d’une grande liberté ; on n’est pas attaché à un horaire concret comme au théâtre, on ne doit payer nulle entrée, on peut fumer, boire et applaudir des chanteurs qui s’engagent pour peu de temps sur la scène. Par contre les chanteurs doivent exagérer, gesticuler déclamer à haute voix pour attirer l’attention des paroissiens parmi le brouhaha des locaux.

Le nouveau siècle arrive et le nouveau spectacle qui devient populaire c’est le cinéma. Nombreux locaux ferment, d’autres s’adaptent au nouveau spectacle et deviennent des salles obscures. Après la grande guerre apparaît par influence américaine et anglaise le music-hall. Le music-hall  à différence des modèles français traditionnells : le café concert, le café chantant, le cabaret propose un modèle différent dont on ne paie pas en consommations ; le débit de boisson devient secondaire et on paie une entrée et il y a un programme et un ordre de représentations. On représente des opérettes. Il ya un grand nombre de chanteurs-acteurs sur scène, il y a des décors etcétéra. La reine indiscutable du music hall et des opérettes est La Mistinguett. Il n’y a pas de reine sans roi mais du roi en en parlera après.

La deuxième guerre éclate, et dans la France occupée, malgré tout, le spectacle continue. À la fin plusieurs artistes sont accusés d’avoir chanté, d’avoir interprété pour les allemands.

Mais nous voilà de retour ; nous avions laissé notre homme, Charles Trenet à Paris.

Il a apporté l’exemple, « le one man show » Le microphone existe aussi. Le premier à s’en servir sur scène est un certain Jean Sablon, aussi un chanteur français très réputé. Comme vous savez ce sont les américains qui ont libéré Paris et la France ; le music hall bien qu’adapté au français est un modèle américain. Le disque à 33 tours vient d’apparaître et la radio a déjà une grande diffusion.

Dans cette ambiance, néanmoins, naisse la chanson française moderne. Le terme chanson française désigne un genre musical à part entière dont l’adjonction de l’adjectif française exprime une réaffirmation de la francophonie comme opposition à l’ambiance anglo-saxonne  dominante. Elle boit dans les sources de la tradition littéraire française, plutôt de la poésie. Ses poètes de référence sont surtout : Verlaine, Rimbaud, Baudelaire et parfois Aragon, Louis Aragon. Cette nouvelle chanson on l’appelait aussi Chanson Rive Gauche.

Et maintenant c’est le moment de vous faire un petit dessin.

BASE-PARIS-WEB

 

Le plan de Paris et la rive gauche.

 

La chanson moderne naisse quand un individu, lui seul, vêtu de noir où non, avec une orchestre derrière ou seulement accompagné de sa guitare, est capable de réunir un public assis et attentif pour l’écouter.

Bien qu’une nouvelle chanson, elle est une conséquence du moment de sa naissance, mais doit son tribute aux antécédents ; c’est-à-dire, l’opérette et le music hall. À cette époque une chansonnette extraite d’une opérette pouvait devenir un tube.

 

Voyons les noms les plus importants de la chanson :

D’abord les antécédents.

(À suivre)

Manuel de Français