Les Prix Littéraires. Maman, je suis finaliste.

            Les Prix Littéraires. Maman, je suis finaliste.

I-MICRO-RELATS-GODELLA-WEB     Manuel de Français était, comme d’habitude, dans son studio. Comme le vieux colonel de García Márquez, il pense qu’il n’y a pas de lettre pour lui. Il ouvre le courriel cybernétique.  Tiens ! Deux messages de la mairie ! Rien de bon n’arrive jamais de la mairie ! Mais il faut ouvrir le courriel, quand même. Saperlipopette ! Ce n’est pas mauvais. Manuel de Français ne peut pas croire ses yeux : SU MICRORRELATO HA SIDO SELECCIONADO ENTRE LOS FINALISTAS. Pour les francophones, je traduirai : « Votre micro-récit a été élu parmi les finalistes ». Si bref et si ouvert à l’espoir. Parmi les finalistes, l’on choisit le gagnant n’est-ce pas ? En plus : Comme Manuel de Français avait envoyé deux récits micro ; tous les deux étaient-ils choisis, ou seulement un, mais on le lui annonçait deux fois ?


     Le lendemain, on l’appelle au téléphone portable. Une dame prétendant être la responsable de la bibliothèque municipale de Godella, lui annonce que le récit qu’il avait envoyé, a été élu comme finaliste et par conséquent il sera publié dans un petit livre parmi les cinquante premiers. Mais notre homme est curieux, il veut savoir. Il demande à la femme au téléphone ; « Madame, est-ce que l’on a choisi déjà le gagnant ? » La femme très poliment lui répond : « Ah monsieur, ne vous dérangez pas pour cela. On a déjà élu un gagnant et un gagnant du terroir. Mais on va vous publier, mes félicitations. ¿Est-ce qu’on peut compter sur vous pour la cérémonie de livraisons de diplômes et de livres ?

LA-CASA-DE-SETEMBRE-3-WEB« Super ! », réfléchis notre homme. On va publier notre récit ; il ne sait pas encore si un ou deux, mais « ne vous dérangez pas, le gagnant est déjà élu ». Il se répète : le gagnant est déjà élu, mais ce n’est pas vous, ne vous dérangez pas. C’est pervers, mais soyons positifs, réfléchit notre homme ; on va vous publier.

Selon un calendrier établi, le 30 avril l’on publie la liste des gagnants, les 5 accessits et d’autres 43 qui seront publiés. Notre homme est l’un des « autres », comme dans le film d’Amenábar.

On a dit déjà que notre homme est curieux ? Oui ? Alors, il fait des recherches. La gagneuse est C.B. Qui est C.B ? Mon dieu, C.B a publié maints livres. C’est comme si Alberto Contador participait  à une course d’amateurs de la région ? Les connaissances de notre homme disent que ce n’est pas juste. Bon, pourquoi pas, répond notre homme. Tout le monde a le droit. Selon les conditions du concours : Les candidats étant âgés de plus de 16 ans, écrivant en espagnol ou valencien…

LA-CASA-DE-SETEMBRE-1-WEBAlors C.B (Carmen Botello), Santa Cruz de Tenerife 1956, satisfait toutes ces exigences. Mais ce qui paraît bizarre : Le prix n’était que 200 Euros. Seulement 200 Euros. Et, elle, une autrice « consacrée » (1) s’y est présentée. La question que l’on extrait est la question éternelle : ¿Qui peut bien vivre de la littérature, de sa plume, en Espagne ? Pérez Reverte, Javier Marías, Albert Espinosa, Antonio Gala… Laura Gallego (à cause des lectures obligatoires dans les écoles).

Connaissez-vous d’autres ?

(1) C’est une façon de parler

 

Manuel Salvador

Demis Roussos, le grec d’Alexandrie

Demis Roussos, le grec d’Alexandrie

DEMIS-OJOS-1-WEB

Né et élevé en Alexandrie au sein d’une famille d’origine grecque, où sa mère et sa grand-mère cuisinaient des spécialités grecques assaisonnées de sauces égyptiennes…

En Orient, les femmes se dépilaient en utilisant un mélange de sucre fondue dans le jus du citron chaud ; un caramel qu’il dévorait dans ces incursions furtives à la cuisine (avant de son utilisation)… (*).

DEMIS-TOUNIQUE-WEBDemis le grec, le gros barbu à la voix d’ange, l’extravagant aux tuniques comme un curée à la Grand-Messe, monté sus ses bottes à haute plateforme, il est venu colorer notre Espagne un peu grisâtre des années 70. Il y avait à l’époque, bien sûr, la couleur vivante des « batas de cola » des folkloriques du flamenco. Mais pour les « progres », cela n´était pas de saison.

Selon toute probabilité, il serait venu de la main de José María Íñigo, ce grand maître et mage de ces glorieuses années en matière de télévision où il n’y apparaîtrait que le mieux ; les meilleurs. Quel dommage d’involution !

Pour un gamin de mon âge ce qui m’étonnait le plus, m’étonne encore, c’est qu’une voix si douce puisse sortir d’une charpente si forte. En Espagne il chantait en espagnol et en anglais. Ses yeux redessinés au rimmel (l’enfant de jadis ne le raisonnait pas encore) étaient plutôt rêveurs que tristes.

Demis-Dominique--janvier-1977-Paris-Match-1-WEBAprès on a appris qu’il s’est produit aussi en France, ce qui preuve, encore une fois, que la chanson française est chose de métèques. À Maisons Laffitte, il demeurait comme un prince, entouré de six domestiques et surtout de Dominique, sa compagne, véritable alma-mater de la maison. Elle le voulait gros et opulent, tandis qu’elle Demis-Dominique--janvier-1977-Paris-Match-2-WEBne mangeait que les jours de réception. Ils recevaient trois fois par semaine. Les grands bouffes restent dans la légende des lieux.

Libéré de Dominique, paraît-il que Véronique l’influence dans de saines habitudes de vie. Il trouve son équilibre à four et à mesure qu’il perd son bedon. Au début  des années 80 apparaît son livre « Question de poids ». Le livre recueille son expérience personnelle et pontifie sur une diète, la sienne, élaboré en collaboration avec Véronique Skawinska.

Demis-Roussos--janvier-1977-Paris-Match-2-WEBAprès des décennies, où j’avais perdu sa trace, je l’ai  retrouvé à la télé, très sporadiquement, regrossi et vêtu « en occidental », évidemment vieilli mais à la voix limpide comme toujours. Et après l’assaut au pouvoir de Syriza on apprend le décès de Demis, le Grec d’Alexandrie. N’a-t-il pas pu l’encaisser ?

 

(*) Paragraphes 1 et 2 extraits de son livre « Question de poids »  1982

– Les photos 3, 4 et 5 sont tirées des contenus affichés sur internet d’après une séance de photos en janvier 1977 pour Paris-Match.

 

Manuel de Français

Ces petits fous

Ces petits fous

SOY-UN-WEBVous voyez un livre, mais ne craignez pas. Je ne vais pas faire une note de lecture. Je n’en fais jamais. Même, je ne les lis pas. Sauf quand j’ai déjà lu le livre, mais ce sont des choses à moi ; je ne cherche pas des coryphées.

Ce que m’intéresse c’est le titre du livre. Et quelle est la liaison entre le titre du livre et le titre de cet article que vous avez la déférence de lire ? Je traduis librement les premiers vers de la chanson de Serrat « Esos locos bajitos » :

Souvent les enfants ils nous ressemblent,

 ainsi ils nous donnent la première satisfaction…

 

Nous nous efforçons de diriger leurs vies

sans connaître le métier et sans vocation.

On leur transmet nos frustrations

avec le lait tiède

et dans chaque chanson…

 

Ma fille vient de m’offrir ce livre.

Manuel de Français

Devine Devinette / Un Portrait

Devine Devinette

Un ami farceur mais au grand cœur, proclame que j’écris comme Unamuno. « Comme tu es gentil », je lui remercie. « Oui mon ami », me répond-il. « Parce que comme lui, ce que tu écris, ce ne sont pas des nouvellettes mais des nivollettes ». Et comme je lui remercie encore il s’encourage et ajoute : « Et pas question de sonnettes, mon vieux ; tu écris des sonnittes ».

Alors ce qui suit, je ne sais au juste pas comment le nommer. Mais mon ami farceur au grand cœur m’en apprendra.

                                                                     Un Portrait

 

DEVINETTE-PAPILLON-WEBJ’entreprends la tâche qu’on m’a ordonnée,

et je ne demande que ma plume glisse

sur cette feuillette, à la couleur lisse,

et qu’elle ne s’arrête point ; c’est ma volonté.

 

DEVINETTE-COMPLET-BLEU-WEBÀ cette fin, je voudrais vous offrir

des vers en rythme et mètre parfaits.

Mais pour faire en vers de quelqu’un le portrait

Émettrai-je bien sûr plus d’un soupir.

 

Je vous parle d’un être humain,

dont le genre, hélas !, n’est pas féminin,

déjà deviné ?, je m’en doutais, c’est masculin ;

vivant aujourd’hui et j’espère que demain.

 

Car le type n’est pas un gamin ;

de sa vie, le livre a plusieurs pages.

Mais plus qu’un homme d’un certain âge

C’est un homme d’un âge certain.

 

DEVINETTE-CROONER-WEBIl est plutôt petit, comme un garçon

Sa chevelure qu’il conserve en fil d’argent

Aussi chauve, quel indécent,

Comme quand il était jeune de 40 ans.

 

Malgré tous les automnes tombés,

son dos de courber n’est pas pressé,

comme le mât d’un navire, il est dressé ;

seulement sa jeunesse s’est paumée.

 

Mais l’âge qui d’habitude enlève, comme ils disent

souvent, apporte aussi et sans être beau,

plus intéressant est-il que quand il était bleu ;

ce sera vrai ; les femmes le disent.

 

Et me voilà qu’en essayant la rime,

Plus d’un tiers de mon soi-disant poème

Est déjà exposé, quel phénomène !

Mais allons peu à peu ; à ce rythme.

 

Pour continuer avec le personnage,

faudra-t-il ajouter ; c’est juste et prudent

qu’il est français d’adoption, de sentiment,

mais pas d’origine et ce n’est pas un outrage.

 

De la France et de sa chanson bien aimée

Est-il représentant de son plein gré.

Mais du pays de ses aïeuls, c’est vrai

Ambassadeur a-t-il été nommé.

 

Malgré son ascendance, à Paris est-il né,

dans le premier quart su siècle dernier

où partageaient-ils les rues, charrettes et cabriolets,

mais du début sentait il la gloire ; quel bon nez!

 

Peu après du bras de la Piaf  s’est-il collé.

Plus qu’amant, confident, ami et chauffeur,

un va et vient, presque un servant, un chasseur,

une bonne à tout faire ; il a su décoller.

 

Et bien sûr, il a appris son métier ;

Son métier de chanteur, bien appliqué :

méticuleux, travailleur, étudiant sans université…

Car la vie, a été sa carrière, son sentier.

 

Et ayant autant de génie, que voulez- vous ?

Qu’il soit modeste ? Ne me faites pas rire !

Celui qui du néant a émergé, faut-il le dire

peut se permettre un certain orgueil, je l’avoue.

 

Mais à vraie dire, plus qu’orgueilleux, il est fier.

Plus que génie, artiste.

Plus que comédien, fantaisiste.

Chanteur d’aujourd’hui, de demain et d’hier.

 

Sa voix, vous me permettrez, n’est pas limpide

Son ton n’est  pas doux ; plutôt rauque.

Mais ses paroles touchent et provoquent ;

sans elles, de ma vie, la bande sonore serait-elle vide.

 

Paris, lieu commun, c’est le décor sempiternel ;

dans ces chansons dont l’amour arrive…

Mais c’est sa perte, sa fuite ; sa question addictive

Le passage du temps, son sujet essentiel.

 

La perte de la jeunesse par conséquence,

Les amours perdus qu’évoquent  les murs

des bâtiments, des églises comme un murmure

lointain, qui se répète comme un écho avec fréquence.

 

Survivant d’une époque dorée

de la chanson française dite La Chanson,

de sa construction le plus grand maçon:

le plus connu, le plus consacré.

 

Et jusqu’ici, le portrait plein d’admiration

d’un homme, un chanteur, un acteur, un artiste.

Pas besoin, j’en déduis d’ajouter aucune piste.

Si l’on a deviné, elles me précèdent, mes félicitations !

 

Manuel de Français

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah les vacances ! Retour au passé ?

Ah les vacances ! Retour au passé ?

GARABA-2     Dans le monde occidental ; dans le monde occidental européen ; dans le monde occidental européen et espagnol, tout le monde ou presque, malgré la crise, a le confort ; essaie d’avoir le confort au maximum.

     Les pièces meublés bien sûre ; une salle de bains ou mieux deux ; une cuisine bien équipée, le salon, la salle à manger fournie des meubles du dernier cri ou du cri des temps de jadis, les chambres à coucher bien vêtues ; les draps de lit, jeu d’hiver, jeu d’été…

      Ah et les électroménagers ! : La machine à laver bien sûre, le lave-vaisselles ; si une semaine il ne fonctionne pas  on ne sait plus vivre, le four, la table a cuisson d’induction, la micro-onde, le grille-pain, le réfrigérateur, le surgélateur, etc.

      Et d’autres appareils pour le loisir, la communication, le boulot, à savoir ; le poste de TV, le Cd, le tourne-disques, et plus récemment l’ordinateur, le portable, le IPhone, la lisseuse, le Tablet, etc.

      À quoi bon, cette énumération d’appareils, de gadgets, vous demanderez-vous les français de l’octogone, le belges à la langue française, les suisses, les luxembourgeois francophones, les québécois, les français d’outre-mer … Pour un espagnol c’est un bon exercice de vocabulaire !

     Alors, avec toutes ces commodités chez nous, arrivent les vacances. Sans nous plonger dans l’étymologie  du mot, tout indique que les vacances impliquent un déménagement provisoire, enfin ; un dépaysement.

     Certains cherchent un hôtel grand luxe, pour ne bouger pas du statu quo, d’autres s’engagent dans des aventures anti-aventures du tout compris, ou rien ne manque car par définition tout est compris. Les formules seront presque infinités.

    GARABA-1  Mais allons-nous concentrer sur une variable que sans y penser ; on ne le fait pas exprès, bien entendu, ce n’est pas le but, mais qu’en rigueur l’on peut dénommer : vacances retour au passé. La vieille demeure de la grand-mère dans le petit village, la maisonnette achetée bon marché à la plomberie en plombe et à l’électricité en fil tressé et à l’isolant textile, une hutte que  l’urbanisme villageois a bouffée à part entière ; maintenant appartenant  au centre-ville.

      Il y en a ceux qui ont fait une rénovation intégrale du vieux bâtiment, mais ce modèle n’est guère l’objet de cet article.

    GARABA-3  Nos protagonistes sont ceux qui ont commencé à séjourner sans renouveler. D’abord on a apporté les vieux meubles de l’appartement, lesquels sont plus modernes que les pièces anciennes qui subsistent du temps de jadis. Dans la vieille cuisine on a installé un chauffe-eau à gaz car l’installation électrique ne supporte pas des grandes consommations et  une machine à laver et c’est tout.

      Dans le petit salon coexistent en cohabitation un fauteuil en skaï années 70, un autre en tissu années 50, imitation d’un Louis Z, quatre chaises en bois courbé, deux en plastique, une table du début de siècle dernier. Dans les chambres à  coucher les vieux matelas en laine ont étés substitués par d’autres en mousse de polyester mais sur des anciens sommiers à ressorts. Un chef d’œuvre de l’éclecticisme !

     Des petites fenêtres en fer et minces vitres ouvertes sur des murs épais, une cheminée où l’on a installé une poêle à bois pour un éventuel séjour en hiver…, voilà le portrait sans retouches / de la demeure (de vacances) à laquelle j’appartiens.

     Le jour commence avec un petit déjeuner… Mais où sont les allumettes ? On n’y pense plus aux allumettes, même les fumeurs. —Martin, vite au bar du vieux Joseph, vas-y acheter des allumettes. Fais vite !

      —Papa, on ne vend plus d’allumettes, mais il y a des criquets bon marché.

      —Ok, mon fils achète un criquet jaune. Mais je voudrais tant faire le feu avec des allumettes…

     Voilà le criquet arrivé mais cela ne marche pas.

     —Ah, tonnerre de Brest, la bombonne à gaz est vide ! Il faudra aller au village voisin qui est le plus grand de la région pour en acheter. Mais mes enfants, ma chérie vous aurez un bon petit déjeuner. Martin, viens avec moi à la cave. On va prendre du bois et allumer la vieille poêle.

—     Mais Manolo —dit la femme— Tu vas faire de la fumée et nos vêtements sentiront comme la queue de Lucifer.

    —C’est la survivance, ma chérie.

     —Et si nous allions prendre le café chez le vieux Joseph ?

     —Mais maman, je veux mon « Nesquick » et mes biscuits !

     —Tu les emporteras, mon fils…

     —Jamais dans la vie ! —éclate le père.

   GARABA-4    Dix heures du matin.

     —Famille —fait le vieux Joseph—, la cafetière entre en service dans une demi-heure. En attendant vous pouvez faire le tour de village, je vous conseille…

     —Si tu m’avais permis de faire un petit feu !

     —Tais-toi et marche Manolo. Il faut bien gagner son petit déjeuner.

                 Manuel de Français

Aznavour au Liceu de Barcelona. Non je n’ai rien oublié.

Aznavour au Liceu de Barcelona. Non je n’ai rien oublié.

  Affiche-Aznavour-1-web par Manuel Geómetra   Un homme marche, le pas tout tranquille que possible, dans  la foule, dans la foule qui le bouscule. La Rambla de Canaletas comme d’habitude à cette heure de l’après-midi, du soir on se résiste à dire car le soleil brille encore à plein feu, ressemble à une tripe de saucisson incapable de contenir autant d’ingrédients. Il marche légèrement émou. C’est un grand événement, dans sa vie, dans la bande sonore de sa vie. En plus c’est la première fois qu’il franchira le seuil du Liceu. Il n’est pas barceloni, même pas catalan, mais il se sent touché du bonheur, le bonheur de pénétrer dans le sacre temple de la vie mondaine et artistique de Barcelona, (excusez-moi, Barcelone c’est pour les français). Le Liceu de Montserrat (la Caballé) qui l’a prêté pour une soirée ;  à qui ?

     Seulement une petite affiche au mur dans le portique d’entrée. Néanmoins il est comblé de gens qui attendent. On les distingue des curieux à l’élégance de leurs habits, une élégance discrète ; ce n’est pas une soirée de première, c’est un spectacle du monde des variétés comme la vedette avouera plus tard.

AFORO-WEB par Manuel Geómetra     La séance est prévue à 21heures mais à huit heures et demie  notre homme a déjà trouvé son fauteuil. Il aime arriver à l’avance. Voir le théâtre, voir l’ambiance, voir les gens qui arrivent. Au hall les femmes se font photographier de leurs accompagnants, les petits groupes  à leur tour se font photographier les uns des autres. Mais lui, il est seul…

     La voix en off annonce qu’après dix minutes, la séance commencera. La même voix répète qu’il ne manque que cinq minutes. La voix parle le catalan, l’espagnol et l’anglais. Cinq minutes après, la voix annonce qu’il ne reste que trois minutes. Des doubles minutes sans doute. À sa droite le siège n’est pas occupé. Un solitaire, une solitaire en retard ?

  CENITAL-WEB par Manuel Geómetra   La lumière, comme le soleil dehors, perd son intensité. Une humble clarté sur la scène permet voir l’arrivée des musiciens. « Pardon, désolée » Une femme, bonne mine, qui n’a plus vingt ans depuis longtemps, arrive. « Madame, s’il vous plaît » Mais cette figure… Pas un mot, le vieux Charles apparaît sur scène. Public débout, elle aussi, c’est bien elle ! Applaudissements de bienvenue. Elle aussi. « C’est bien lui » avoue-t-elle. Les mains applaudissent, un croisement de regards, une étincelle. Charles sourit satisfait, remercie le public sa présence.

     Les Émigrants, la première chanson commence. Soudain il arrête la chanson argumentant que : « le problème n’est pas l’orchestre mais la machine ; on est toujours en mains de la machine » Tandis que des mains invisibles adaptent le son, il chante El Barco ya se fué presque improvisé, presque à capella  avec la seule compagnie du pianiste Erik Berchot.

     « Je crois que vous comprenez assez bien le français. Je comprends un peu l’espagnol, mais vous parlez tellement vite… »

     Paris au mois d’août, troisième chanson. Pour notre homme, qui sent la présence de sa voisine, l’orchestre joue encore trop fort, mais les paroles : « Balayé par septembre / notre amour d’un été… » Nouveau croisement de regards, nouvelle étincelle.

      Coquet et charmeur comme toujours, le vieux chanteur avoue que cette semaine il fait quatre-vingt-dix ans. Applaudissements renouvelés. Comme toujours aussi, deux sont les sujets de ses chansons, avoue-t-il : la perte de la jeunesse et le temps qui passe. « Et la perte de l’amour » avoue notre homme à son tour et pour lui-même.

     Les chansons en français et en espagnol se succèdent en composant un répertoire pas très habituel, avec des chansons moins expérimentées, mais avec son savoir-faire, à fur et à mesure que le concert avance, sa voix se réchauffe, il devient de plus en plus grand livrant des émotions sur un public déjà séduit. Un moment magique quand encore une fois en intimité avec son pianiste, il interprète une nouvelle version en espagnol de « Sa jeunesse ».

     Sept musiciens dont une femme au clavier et accordéon, un autre clavier, le pianiste, deux guitares, une basse et une batterie qui malgré sa protection derrière une cloison au méthacrylate sonne assez forte et deux femmes aux chœurs, (sa fille Katia et Claude Lombard), accompagnent le vieux chansonnier. Pas de violons comme d’habitude. Par économie ? se demande-t-il notre homme ou par la petitesse de la scène ? La scène pour un Gran Liceu semble petite ce qui n’a pas empêché le chanteur-acteur de faire ses interprétations : danser avec Les plaisirs démodés, sautiller avec Emmenez-moi, faire les gestes pleins de contenance d’un homosexuel et travesti dans Comme ils disent, interpréter avec le langage des mains  dans Mon émouvant amour, et le moment fort, le plat épicé ou il joue le peintre en s’essuyant les mains avec une toile blanche qu’à la fin de La Bohème il jette au bord de la scène et qui disparait tout de suite dans les mains d’un homme galant qui l’offre à une dame.AZNAVOUR-AU-LICEU-WEB par Manuel Geómetra

     Quatre-vingt-dix ans dont plus de soixante sur la scène, le moins instruit des auteurs selon lui ;  il avoue qu’à dix ans il a dû quitter l’école, sa voix rauque qu’il avait déjà il y a un demi-siècle quand il a chanté pour la première fois en espagnol et à Barcelona, qui maintenant commence à se ressentir un peu, toute la poussière des chemins parcourus qui s’installent dans l’esprit de l’artiste se sont manifesté avec contenance dans l’spectacle offert la soirée du 26 juin 2014 au Gran Teatre del Liceu. Quand il abandonne la salle suivi des musiciens, réclamé par l’urgence des applaudissements sans cesse, il revient sur ses pas, les musiciens aussi, et offre La maman.

     Rien ne va plus. Aznavour abandonne la scène, les musiciens aussi, et soudain les lampes cassent l’obscurité. Les gens commencent à abandonner la salle. Elle reste dans son fauteuil, lui, il aussi. Pour la première fois ils se regardent longuement dans les yeux ; des attardés se font encore des photos, les employés commencent à mettre en ordre la salle pour un prochain évènement. Absents à ce va et vient, ils restent encore sans dire un mot…

     « Tu sais » brise-t-il la glace « Aznavour ne l’a pas chanté, mais :

Je n’aurais jamais cru qu’on se rencontrerait
Le hasard est curieux, il provoque les choses
Et le destin pressé un instant prend la pause
Non je n’ai rien oublié

Je souris malgré moi, rien qu’à te regarder
Si les mois, les années marquent souvent les êtres
Toi, tu n’as pas changé, la coiffure peut-être
Non je n’ai rien oublié

Marié, moi ? Allons non,  je n’en ai nulle envie
J’aime ma liberté, et puis, de toi à moi
Je n’ai pas rencontré la femme de ma vie
Mais allons prendre un verre, et parle-moi de toi

Qu’as-tu fait de tes jours ? Es-tu riche et comblée ?
Tu vis seule à Paris? Mais alors ce mariage ?
Entre nous, tes parents ont dû crever de rage
Non je n’ai rien oublié

Qui m’aurait dit qu’un jour sans l’avoir provoqué
Le destin tout à coup nous mettrait face à face
Je croyais que tout meurt avec le temps qui passe
Non je n’ai rien oublié

Je ne sais trop que dire, ni par où commencer
Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête
Mon passé revient du fond de sa défaite
Non je n’ai rien oublié, rien oublié

A l’âge où je portais mon cœur pour toute arme

J’ai voulu te revoir mais tu étais cloîtrée
Je t’ai écrit cent fois, mais toujours sans réponse
Cela m’a pris longtemps avant que je renonce
Non je n’ai rien oublié

L’heure court et déjà le café va fermer
Viens je te raccompagne à travers les rues mortes
Comme au temps des baisers qu’on volait sous ta porte
Non je n’ai rien oublié

Chaque saison était notre saison d’aimer
Et nous ne redoutions ni l’hiver ni l’automne
C’est toujours le printemps quand nos vingt ans résonnent
Non je n’ai rien oublié, rien oublié

Cela m’a fait du bien de sentir ta présence
Je me sens différent, comme un peu plus léger
On a souvent besoin d’un bain d’adolescence
C’est doux de revenir aux sources du passé

Je voudrais, si tu veux, sans vouloir te forcer
Te revoir à nouveau, enfin… si c’est possible
Si tu en as envie, si tu es disponible
Si tu n’as rien oublié

Comme moi qui n’ai rien oublié 

Et paraphrasant Joaquín Sabina:

Y después, para qué más detalles,
Ya sabéis, copas, risas, excesos
Como van a caber tantos besos
En una canción.

 Manuel de Français

Gabriel García Márquez “Gabo” y el ciclismo.

Gabriel García Márquez “Gabo” y el ciclismo.

Gabriel José de la Concordia García Márquez (Aracataca, 6 de marzo de 1927 – México, D.F., 17 de abril de 2014) conocido como Gabriel García Márquez ha muerto. Agudos columnistas, blogueros avezados escribirán columnas glosarán y desglosarán la vida, obra y trayectoria del autor colombiano. Se referirán a él para no caer en repetición con epítetos como: “El autor de cien años de soledad, el autor del coronel no tiene quién le escriba”, aunque no sé si alguien lo evocará como “el autor de Memorias de mis putas tristes”. Compañeros le dedicarán elogios, se harán especiales televisivos, los presidentes de los países de medio mundo harán declaraciones; no descarto que el Papa Paco  se haga eco a su vez.

GABRIEL GARCIA MARQUEZ-WEBEntre tanto tráfico de palabras, me aparto al arcén y cojo un camino apenas transitado: ¡Gabo ha muerto! Esta aseveración evidente la hago sin embargo con cierto prurito. ¿Cómo habré osado referirme al maestro con ese apelativo? ¿Ese apelativo tierno, íntimo aunque de todos conocido?, redundo en que más apelativo que apodo, parece propio para ser usado por sus más íntimos, quizás por los escritores que le admiran; acaso por los que sin haberlo tratado, de él hacen uso para dar a entender aunque falso, que García Márquez los había distinguido con su trato. O que simplemente como un servidor que están en el secreto.

El ciclismo profesional, ese deporte de titanes, hoy tan denostado ha tenido siempre a gala distinguir a sus campeones con apodos, malnoms en lengua valenciano-catalana, así Eddy Merckx era el Caníbal, Bernard Hinault el Caimán, Fausto Coppi il Coppino, Marco Pantani el Pirata… Estos apodos, el aficionado medio, el periodista deportivo los vocifera sin pudor.

Pero llegamos a un ciclista español de carrera fulgurante y breve: José María Jiménez “el Chava”. Este apelativo también se me antoja más entrañable que un apodo, solo para sus íntimos, los del clan familiar, para los que estamos en el secreto.

No sé qué opinaría don Gabriel, nacido en Colombia, cuna de grandes ciclistas sobre ese deporte.

Pero referirme a él como “el Gabo” me produce una pequeña desazón como me la produce llamar “el Chava” al joven ciclista desaparecido. Aunque los pobres, ¿Qué van a decir?

Deduzco que García Márquez aplaudiría la idea de que deje de ocuparme de su persona y vaya a mis asuntos. ¿Qué mejor homenaje que cerrar este artículo para ponerme a escribir en una idea que puede derivar en novela?

                            Juansito Caminador

Adolfo Suarez González. El Hombre. De la transición democrática al matrimonio homosexual

Adolfo  Suarez  González. El Hombre

De la transición democrática al matrimonio homosexual

Cebreros (Ávila) 25/09/1932 – Madrid  23/03/2014  

 

adolfo-suarez-webAdolfo Suarez González, ese hombre elegante, buena planta, trajes impecables, incansable fumador de Ducados, sí el tabaco negro de toda la vida, (aún no había salido esa porquería del Ducados rubio), fue presidente del gobierno de España entre 1976 y 1981. Capitaneó junto a su Majestad el Rey la transición española y seguramente la diseñó. Esos dos jóvenes habían llegado a lo más alto por azares del destino; el más alto por linaje pero con la benevolencia del viejo pescador de salmónidos y el segundo por azares que desconozco, aunque invitado por el rey a ser el artífice.

Puedo imaginar a esos dos jóvenes de porte Adolfo-El-Rey-webserio y con gran vocación de servicio a España, en tímidas reuniones, en las que sin ningún referente tuvieron que echar mano de imaginación y torería. Imaginación para vislumbrar y construir  el futuro inmediato  y  torería para lidiar con astados de muchos años, tupidas sotanas y muchas medallas.

Sin aspavientos y sin perder la compostura se crearon con la concurrencia de otros las bases para el nuevo sistema democrático, edificio que renace de la rehabilitación del vetusto caserón de fríos y de aullidos. Ese edificio que en palabras de Suarez precisa y a ellos como gobierno se les exige el cambio de tuberías sin dejar de servir agua; el cambio del cableado sin dejar de dar luz y el cambio de muros y tejados sin dejar que el frio y la lluvia penetren.

No sé si previó que su tiempo era limitado, pero sí que lo entendió cuando el plazo fue cumplido. Comprendiendo que el partido que el formó con la concurrencia de primeros espadas de la política fue una unión de circunstancias, para lograr un objetivo pero falto de militantes de bases, comprobó que había perdido la autoridad sobre los suyos, así que dimitió de la presidencia del gobierno y de la presidencia del partido.

Dos meses después siendo aún presidente en funciones sobrevino el intento de golpe de estado en el que ni aún los disparos de los guardias civiles intrusos consiguieron que se echara al suelo manteniéndose erguido mientras que su jefe del ejército Gutiérrez Mellado forcejeaba con los guardias civiles. Más tarde declaró que comprendía a los demás que se echaran al suelo, pero que él era el presidente del gobierno y no procedía.

Aún volvió a la primera línea de la política fundando el Centro Democrático y Social el (CDS). Salió elegido diputado pero los resultados electorales fueron muy pobres. Comprendió finalmente que gozaba del afecto de la gente pero que ya no le querían para gobernante. Su tiempo había pasado. El pueblo español se hizo más audaz y tras un recorrido por un centro ambiguo pero apaciguador quiso dar un giro a la izquierda.

Hay que tener en cuenta la oposición feroz que ejerció Felipe González contra Suarez en su última época de mandato. La oposición fue cruel pero argumentada. Felipe González les acusaba de haberlo hecho mal y a renglón seguido argumentaba porque lo habían hecho mal.

Concluido su periplo político, ya nada lo hizo volver. Comenzó el tiempo que algunos acuñaron como la maldición de los Suarez. Su esposa contrajo cáncer y a partir de ese momento toda su ocupación fue esa: estar junto a ella. Una de sus hijas también lo contrajo. Ambas, madre e hija murieron. La fatalidad quiso que aún otra de sus hijas lo contrajera; esta última sin embargo ha salido con bien. Es muy probable que tanto dolor a su alrededor contribuyera a la aparición de la enfermedad neurodegenerativa, pero esto último no es sino una opinión; carece de rigor científico.

Se dice que entre los logros más audaces, consensuado con el Rey, fue la legalización del partido comunista.

¿Adivinaría él que el tiempo y la obcecación de sus militantes de permanecer en la caverna, acabarían por hacerlo caduco?

Muchos años más tarde cuando Zapatero  promovió y aprobó el matrimonio homosexual, ¿pensó acaso aquello de: déjalos que se casen si quieren, allá ellos?

 Sin acritud

Manuel de Français

Esto Rayuela

1. SESUDAS INQUISICIONES

1A. Sobre Rayuela

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     Nunca he conseguido terminar la lectura de Rayuela. Lo he intentado varias veces: a la manera ordinaria, esto es una página tras otra, ordenadamente y también a la manera de Rayuela, siguiendo un orden perverso según un índice en el que a un capítulo “ordinario”, le sigue otro generalmente corto, a menudo de un página o menos, en el que se vierten reflexiones, delirios más bien… A medida que se repite el modelo, el lector, este lector que ahora les escribe, comienza a irritarse, primero porque estos capítulos “de salto” no suelen aportar casi nada a la historia. Segundo porque se citan a una serie de individuos y conceptos que un lector medio no reconoce y no reconoce porque no conoce. Tercero y último, te sulfuras porque estas en total desacuerdo.

     Rayuela pertenece por derecho propio o atribuido a una nómina de novelas injusta o excesivamente encumbradas. Esta idea es personal y no pretendo influir a nadie, ni pretendo asentimiento ni pretendo corifeos.

     Narra sin embargo de modo magistral el cotidiano deambular por París, con destino incierto y recorrido caprichoso. Los protagonistas, paseantes de circunstancias, no siguen criterios de efectividad en sus recorridos; no se evalúa la distancia más corta entre los puntos A y B, porque no existe origen y destino. El deambular de un día no es sino  continuación del día anterior. Es por ello, por la manera de buscarse sin reconocimiento, sabiendo que un encuentro casual no lo es en absoluto, es por ello, repito que sin embargo me ha cautivado y no ha conseguido de mí el peor de los galardones, esto es; la indiferencia.

     Reconozco a Cortázar como un gran maestro de las letras castellanas, pero nunca he podido terminar la novela. A unos pasajes de delirio delicioso le siguen otros de tormento, que también delirio es.

      Por ello se me podrá acusar y con razón de ofrecer una visión parcial de la Obra. Totalmente de acuerdo, ¿qué otra cosa puede ser un corto de 18 minutos (incluidos títulos de crédito) de una novela de centenares de páginas? ¿O incluso un largometraje?

Manuel de Fraçais

Dessinant Paris

Dessinant Paris

 

Dessiner Paris c’est rêver en images. Le dessinateur a le pouvoir de nous montrer la réalité, sa réalité. Des points de vue impossibles dans la réalité physique se nous offrent dans la réalité récrée.

PANORAMICA-LE-PONT-DES-ARTS-3L’écrivain avec son arithmétique littéraire nous évoque soient des souvenirs soient des paysages urbains nouveaux aux lecteurs.

Tous les deux séparément ont le privilège de nous faire rêver. Quand les deux se rencontrent naisse la bande dessinée.

Et si l’on ajoute encore des dizaines de techniciens, un metteur en scène et des milliers d’Euros, cela devient un film d’animation.

Parfois arrive-t-il un individu qui sans honte, ose défier ce procédé. Un fou romantique qui se plonge dans l’animation faite maison. Ce défie n’est que de la naïveté, et de la manque de moyens. Avec un grand équipe d’un homme seul, un ordinateur domestique, pas mal d’imagination, et grande envie de s’exprimer, d’après un bouquin « Rayuela » de Julio Cortázar, ce raconteur  d’histoires  a créé son film d’animation « Esto Rayuela ».

Le Pont des Arts est témoin de cette histoire. L’illustration qui accompagne ces mots invite à nous mettre en ambiance.

La Première peut être en bref. Comme récite la Bible, il faut être préparé ; on ne connaît ni le jour ni l’heure.

Sur le lien http://blog.msal-delinea.com  on est en train de dessiner Paris aussi

Manuel de Français